Dysfonctionnement dans les aéroports congolais:A Quand l’operationnalisation de Westminster en appui à la RVA ?

Dysfonctionnement dans les aéroports congolais:A Quand l’operationnalisation de Westminster en appui à la RVA ?

Entre coupures, pannes et voyageurs exposés : Kinshasa retarde encore la solution Westminster
La scène surréaliste survenue il y a quelques jours à l’aéroport international de N’djili a marqué les esprits : une coupure de courant a empêché l’avion présidentiel d’atterrir normalement. Un incident qui s’est répété quelques jours plus tard, juste après le décollage du chef de l’État en route pour New York.
Ces défaillances illustrent à elles seules l’urgence d’une réforme en profondeur de la sûreté aéroportuaire en République démocratique du Congo. Et pourtant, malgré l’existence d’un contrat clé en main avec la société britannique Westminster, reconnue mondialement dans ce domaine, Kinshasa tarde toujours à donner le feu vert.
« La sûreté aéroportuaire est notre corps de métier. Pour Westminster, l’échec n’est pas une option », affirme Patrick Sakameso, représentant Afrique de la société, qui insiste sur l’importance stratégique de ce partenariat pour la RDC.

Une expertise déjà éprouvée en Afrique
Cotée à la Bourse de Londres et présente dans plus de 50 pays, Westminster s’est imposée comme un acteur incontournable de la sûreté aéroportuaire, en Afrique notamment. Au Ghana, au Nigeria, au Liberia, en Sierra Leone, au Malawi ou encore plus récemment au Gabon, elle déploie son expertise selon un modèle de gestion intégrée (BMC ou BOT) qui comprend financement, maintenance, formation, et certification.
À Freetown, par exemple, Westminster accompagne l’aéroport dans son processus de certification internationale. « Nous savons ce que nous faisons, nous l’avons déjà prouvé ailleurs », insiste Sakameso.

Un processus entamé dès 2021 en RDC
La RDC n’est pas en reste. Westminster y est officiellement installée depuis juin 2021, à la suite d’un contrat signé avec la Régie des voies aériennes (RVA). L’accord prévoyait la création d’une filiale congolaise de droit local et la réalisation d’étapes préparatoires avant le lancement opérationnel, étapes franchies.
Dès le départ, des gestes concrets ont été posés. Une délégation congolaise s’est rendue au siège de la société, à Banbury au Royaume-Uni, pour une mission d’exigence. Westminster a ensuite conduit un état des lieux complet de quelques aéroports congolais, avant de transmettre un rapport détaillé aux autorités.
Plus parlant encore : de retour d’une mission technique en Inde avec des experts congolais, en novembre 2021, les experts de Westminster ont réparé gratuitement un scanner à rayons X utilisé à l’aéroport de N’djili, ainsi qu’un équipement de détection des bagages en panne depuis longtemps. Ces interventions, réalisées sans présenter la moindre facture à la RVA, témoignent d’une coopération déjà effective et bénéfique.

Un blocage du côté congolais
Malgré ces avancées, le projet est aujourd’hui suspendu à la décision des autorités congolaises, qui doivent finaliser les préalables légaux et politiques. En attendant, les infrastructures continuent de montrer leurs failles, exposant directement la sécurité des passagers et l’image du pays.
« Nous avons tout préparé et nous sommes prêts. Ce que nous attendons, c’est le feu vert de la partie congolaise », rappelle Sakameso. Pour lui, le retard ne profite à personne, si ce n’est à ceux qui tirent avantage du désordre actuel.

Le personnel RVA rassuré
Les inquiétudes selon lesquelles Westminster viendrait « remplacer » le personnel de la RVA relèvent, selon Sakameso, de la rumeur. « L’avenir du personnel de la RVA est garanti. Ils seront détachés auprès de Westminster, tout en gardant leurs avantages et leur statut », précise-t-il.
La société s’engage même à améliorer leurs conditions de travail, assurer des formations certifiantes et prendre en charge la masse salariale ainsi que les cotisations sociales. Loin de se substituer à la RVA, Westminster se positionne comme un investisseur et un conseiller technique, sous la supervision de l’Autorité de l’aviation civile (AAC).

Entre tergiversations et enjeux d’image
Dans un contexte où aucun aéroport congolais n’est certifié et où la sûreté reste un maillon faible, le temps joue contre la RDC. Chaque incident, chaque panne ou coupure électrique vient rappeler l’urgence. À l’heure où le pays cherche à améliorer son attractivité et à sécuriser les voyages internationaux, le contrat Westminster apparaît comme une solution salvatrice.
« Il n’a jamais été question de se substituer à l’État congolais. Nous sommes là pour renforcer la sûreté, certifier les aéroports et contribuer à rehausser l’image du pays », martèle Sakameso.
Alors que Westminster est prête et opérationnelle, c’est désormais à Kinshasa de trancher. Car la sécurité des voyageurs et le prestige de la RDC dans le ciel international ne peuvent plus attendre.

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