RDC : Un scandale de corruption éclabousse le marché des nouvelles plaques d’immatriculation.
Alors que la Direction Générale des Impôts (DGI) a envisagé de dévoiler de nouvelles plaques minéralogiques le 6 janvier 2026, le regroupement « Le Congo N’est Pas à Vendre » (CNPAV) critique un processus obscur, entaché d’allégations de préférence et d’un déficit financier massif pour le Trésor public.
La rentrée fiscale promet d’être particulièrement tendue en République démocratique du Congo. Au cœur des critiques : le « dossier Plaque V ». Dans un communiqué virulent, la coalition anti-corruption CNPAV dévoile ce qu’elle décrit comme un « processus désordonné » lié à l’attribution du contrat des nouvelles plaques d’immatriculation.
Un appel d’offres clandestin
D’après les recherches menées par la coalition, le processus de choix des fournisseurs aurait été détourné de sa voie originale. Bien que d’importantes entreprises internationales (UTAL, UTSCH Allemagne, Tönjes) aient été en concurrence pour fournir des plaques en aluminium, une modification technique de dernière minute imposant l’utilisation du plexiglas (plastique) aurait été introduite par le ministère des Finances.
Ce changement aurait favorisé la société belge Castillo Valere BV, qui est représentée localement par Castillo Service RDC, au détriment des leaders du domaine. La CNPAV souligne une connexion directe entre cette société et M. George Batuleji, un dirigeant de l’UDPS et proche du cercle décisionnel, jetant une ombre de suspicion sur l’ensemble du processus en raison d’un potentiel conflit d’intérêts majeur.
Un montage financier aux dépens de l’État.
L’aspect financier du contrat suscite également l’indignation. Alors que le coût de production d’une plaque est estimé à environ 30 USD, le prix payé au fournisseur reste fixé à 65 USD.
Le CNPAV révèle une répartition des revenus alarmante :
- La part revenant au Trésor public ne stagne qu’à 36 USD.
- Environ 35 USD par plaque seraient captés par des intermédiaires privés.
- Une quotité serait versée à un mystérieux « comité de suivi » composé de membres de cabinets ministériels et de la DGI.
« Les fonds issus de la vente seraient versés sur des comptes bancaires privés, permettant à l’intermédiaire local de réaliser des marges considérables sur le dos de l’État », déplore la coalition.
Un enjeu de plusieurs centaines de millions de dollars
Avec une flotte automobile estimée à 3 millions de voitures en RDC, l’exigence de remplacer les plaques (coûtant 100 USD pour les anciens propriétaires et 115 USD pour les nouveaux) constitue une manne financière considérable. Cependant, l’analyse de la Loi des finances 2026 ne révèle aucune piste de suivi évidente pour ces revenus, officiellement estimés à seulement 2,2 millions USD pour l’année fiscale.
Les demandes de la société civile
Face à ce qu’elle considère comme une « captation de revenus publics », la CNPAV exige :
- La suspension immédiate de l’opération de changement obligatoire des plaques.
- La publication intégrale des contrats et avenants.
- Un audit indépendant et l’ouverture d’enquêtes judiciaires pour enrichissement illicite.
La coalition insiste sur le fait que la réforme de l’administration ne doit pas être utilisée comme un « paravent à des intérêts privés » et demande au gouvernement d’assurer que les ressources du pays bénéficient en premier lieu au peuple congolais.
Rédaction
