RDC – JOURNÉE DE MEMOIRE DE BUNAGANA A UVIRA : « Les véritables FDLR que le Rwanda poursuit sont nos minerais », clame Julien Paluku à Kinshasa*.

RDC – JOURNÉE DE MEMOIRE DE BUNAGANA A UVIRA : « Les véritables FDLR que le Rwanda poursuit sont nos minerais », clame Julien Paluku à Kinshasa*.

Lors de la « Conférence-Mémoire contre l’oubli », Julien Paluku Kahongya, le Ministre du Commerce Extérieur, a formulé un réquisitoire implacable à l’encontre de l’agression rwandaise. Devant une assemblée de dignitaires, il a analysé les dynamiques d’un conflit dont le but final est l’asphyxie économique et l’anéantissement du capital humain congolais.

Cette conférence de haut niveau, tenue le mardi 27 janvier 2026 sous l’égide du Ministère de la Communication et des Médias, a rassemblé divers participants tels que la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, des membres du Gouvernement, des parlementaires, des étudiants ainsi que des représentants de la société civile. Julien Paluku, fort de ses 12 années d’expérience en tant qu’ex-Gouverneur du Nord-Kivu, a donné un éclairage technique et politique sur les « Conséquences économiques de la guerre et de l’occupation » dans son intervention sur ce sujet.

Une stratégie de destruction à plusieurs dimensions.

Pour le Ministre du Commerce Extérieur, l’agression ne se limite pas aux affrontements armés. Il s’agit d’une entreprise délibérée de démantèlement de la nation congolaise. Selon lui, les massacres et les déplacements massifs de populations visent à « détruire le capital humain congolais ».
Au-delà de l’humain, c’est tout le système vital du pays qui est ciblé :

Selon le Ministre du Commerce Extérieur, l’agression ne se résume pas aux conflits armés. C’est une entreprise intentionnelle de démantèlement de la nation congolaise. D’après son point de vue, les tueries et les déplacements massifs de population ont pour but de « détruire le capital humain congolais ». Au-delà de l’humain, c’est tout le système vital du pays qui est ciblé :

– Le tissu économique : Par le pillage systématique des ressources.

– Le patrimoine naturel : Par la dégradation de l’environnement et du secteur touristique.

– La souveraineté : Par la création d’une « économie de dépendance » qui profite aux agresseurs au détriment de l’essor national.

L’énigme des chiffres : 2 milliards de dollars de minerais au Rwanda.

L’aspect le plus marquant de l’intervention de Julien Paluku découle de l’étude des échanges commerciaux au niveau régional. Il a exposé des chiffres stupéfiants : pendant la durée de l’occupation de diverses régions du Nord et du Sud-Kivu, le montant des exportations de minerais rwandais a grimpé de 70 millions à 2 milliards de dollars américains.

« Le Rwanda ne dispose pas de gisements miniers significatifs », a rappelé le Ministre avant de lancer une formule qui a marqué l’auditoire : « Les véritables FDLR que le Rwanda poursuit en RDC sont les minerais et les ressources naturelles congolaises. » Une façon de critiquer l’excuse sécuritaire fréquemment employée par Kigali pour légitimer ses interventions sur le sol congolais.

Malgré la gravité du constat, Julien Paluku s’est montré résolument optimiste quant à l’issue du conflit. Prenant le « risque » d’une affirmation forte, il a déclaré que cette agression sera « la dernière à l’Est de la RDC ».

Cette assurance repose, selon lui, sur deux piliers stratégiques impulsés par le Président Félix Tshisekedi :

1. L’offensive diplomatique : La RDC s’emploie à isoler le Rwanda sur la scène internationale. Le récent accord stratégique signé à Washington entre Kinshasa et les États-Unis d’Amérique est perçu comme un tournant majeur pour « couper les branches » sur lesquelles s’appuyait l’agresseur.

2. Le nettoyage sécuritaire : Un travail de fond est en cours pour assainir l’appareil de défense et de sécurité congolais, autrefois fragilisé par des infiltrations.

Pour conclure son intervention, le Ministre a lancé un appel à l’engagement collectif en vue de rétablir l’intégrité territoriale et d’assurer justice aux victimes. Il a souligné que la mémoire constitue l’outil le plus efficace pour combattre l’oubli et éviter la répétition des erreurs historiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *