RDC : Jean-Marc Kabund appelle à un dialogue inclusif comprenant l’AFC/M23 et avertit contre toute dérive électorale.

L’ex-vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, a présenté une évaluation percutante de la crise politique et sécuritaire qui agite la République Démocratique du Congo devant les membres de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC). Entre la demande d’une intégration complète et le respect du calendrier constitutionnel, le dirigeant de la CGC joue le rôle de gardien face au régime Tshisekedi.

Le débat concernant le dialogue national a atteint une nouvelle étape. Tandis que les acteurs politiques congolais se disputent sur l’opportunité et la forme d’un tel rendez-vous, Jean-Marc Kabund a rompu le silence pour exposer sa perspective. Pour lui, la conversation n’est pas un simple protocole, mais une exigence tactique qui doit suivre un principe de transparence.

Le point le plus marquant de l’intervention de l’ex-parlementaire porte sur la conduite de la guerre à l’Est. Jean-Marc Kabund a critiqué ce qu’il appelle le « double jeu » du gouvernement en place.

« Il serait incompréhensible que nous nous réunissions à Kinshasa pour parler de paix dans l’Est sans l’AFC/M23 », a-t-il déclaré sans détour. D’après lui, le régime Tshisekedi semblerait avoir des pourparlers secrets tout en s’opposant officiellement à l’implication de la rébellion dans le dialogue national. « Nous ne comprenons pas la logique consistant à négocier avec l’AFC/M23 en aparté tout en refusant sa participation au dialogue inclusif, pourtant plus légitime », s’est-il étonné.

Attention à la « manipulation » Jean-Marc Kabund a lancé un appel urgent à la cohésion et à la clarté, s’adressant à ses confrères de l’opposition. Il redoute que le gouvernement n’exploite le dialogue pour fragmenter l’opposition en multipliant les promesses de postes individuels.

Il a exhorté les forces politiques à rester « lucides face aux tentatives de manipulation du pouvoir, qui cherche à séduire certains d’entre nous en leur miroitant des avantages individuels si les autres sont exclus ». Un avertissement explicite contre toute tentative de ralliement opportuniste qui diminuerait la portée du dialogue.

Kabund exprime également une autre inquiétude cruciale relative au respect des délais constitutionnels pour les élections à venir. Selon lui, l’objectif du dialogue devrait être de tracer la voie vers 2028, et non de rationaliser un éventuel retard.

« Ne pas organiser les élections en 2028, sous quelque prétexte que ce soit, serait un scénario apocalyptique qu’il ne faut pas envisager », a-t-il martelé. Afin de désamorcer ce qu’il qualifie de « cocktail explosif » il estime que le dialogue doit impérativement mettre la priorité sur la sécurisation du pays : « Le dialogue politique inclusif que nous réclamons doit placer prioritairement la question de la guerre dans l’Est au centre de ses travaux. »

Jean-Marc Kabund se garde de considérer cette rencontre comme une panacée, tempérant ainsi l’importance de l’initiative. Ce n’est pas une fin en soi, mais plutôt un outil pragmatique.

« Nous ne prétendons pas que le dialogue est une panacée. Nous disons, en revanche, qu’il constitue une solution intermédiaire nécessaire », a-t-il précisé. L’objectif final reste clair : imposer un cessez-le-feu immédiat, aboutir à un accord global inclusif, réunifier le territoire et assurer la tenue d’élections « crédibles, transparentes et apaisées » dans le délai constitutionnel.

À l’approche du milieu de son mandat, la posture de Jean-Marc Kabund remet en question la légitimité et l’efficacité au centre des discussions politiques nationales, alors que les tensions s’intensifient.

Rédaction

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