
Suite aux propos du Président Félix Tshisekedi concernant sa perspective sur le dialogue inter-congolais, six grandes entités de la société civile ont réagi. Elles ont publié une déclaration conjointe le mardi 10 février 2026, où elles désavouent ce qu’elles appellent un « simulacre » et demandent l’intervention d’une médiation impartiale pour résoudre la crise politique et sécuritaire du pays.
Le ton est résolu. En réponse aux récentes déclarations du Chef de l’État devant les diplomates et à son retour de Luanda, le Collectif Citoyen Congo 2060, la Lucha, l’AJDDH ainsi que plusieurs autres groupes citoyens (Patriotisme Oblige, EKOKI, ALERTE-RDC) ont jugé nécessaire de recentrer la discussion sur l’avenir du dialogue national.
Tout en partageant avec le Président l’urgence d’une consultation nationale, la société civile critique cependant la méthode actuelle du pouvoir. « Un dialogue national qui exclut certains Congolais n’en est pas un », martèle le communiqué. Les signataires repoussent vivement les conditions imposées par Félix Tshisekedi, de peur que l’initiative ne se transforme en un banal « monologue » sans légitimité ni efficacité pour la cohésion du pays.
Pour ces entités, il est impossible que l’État joue simultanément le rôle de juge et de partie impliquée. La conversation ne peut pas être dominée uniquement par les institutions présentes, que la déclaration appelle « issues d’élections contestées ».
Pour assurer la transparence du processus, des acteurs de la société civile demandent l’intervention d’une médiation indépendante et aguerrie, en citant notamment :
- L’Église du Christ au Congo (ECC) ;
- La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) ;
- L’Union Africaine ;
- La société civile elle-même, avec l’appui de pays experts en résolution de crises.
La déclaration traite également de l’aspect judiciaire. Bien que les organisations encouragent la poursuite des investigations criminelles, elles soulignent que la justice ne doit pas être utilisée comme un « prétexte » pour étouffer le débat politique ou écarter des opposants gênants. « La réconciliation exige l’écoute de tous », soulignent les signataires.
En conclusion, ces forces vives de la nation recommandent d’inclure la « base » — les populations directement meurtries par la crise sécuritaire — dans la recherche de solutions. Elles appellent le peuple congolais à rester « vigilant et déterminé » face à toute tentative de confiscation de sa voix.
Dans un contexte de tensions croissantes, cette annonce met davantage la pression sur le gouvernement de Kinshasa, qui doit trancher entre des discussions avec ses alliés ou une véritable table ronde inclusive en vue du rétablissement de la paix.
