La Banque Centrale du Congo réduit son taux directeur à 13,5% et prévoit l’élimination de l’utilisation du  » cash  » en monnaies d’ici 2027.

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC), dirigé par le Gouverneur André Wameso Nkualoloki, a publié ses résultats pour le premier trimestre de l’année 2026. Entre assouplissements monétaires, renforcement de l’or comme monnaie et réformes radicales concernant la circulation des devises, la BCC définit un nouveau cap pour l’économie du Congo.

En dépit d’un climat mondial marqué par des tensions au Moyen-Orient et des fluctuations instables des prix du pétrole, l’économie de la République Démocratique du Congo démontre une notable robustesse. C’est la conclusion principale du CPM qui s’est rassemblé ce jeudi 09 avril 2026 à Kinshasa.

Les indicateurs macroéconomiques deviennent positifs. On prévoit une augmentation de l’économie nationale de 6,2 % pour l’année 2026, comparativement à 5,8 % en 2025, stimulée par le secteur de l’extraction et les activités non liées aux mines. Encore plus impressionnant, l’inflation a subi une baisse spectaculaire, s’établissant à 2,2 % en variation annuelle fin mars 2026, par rapport à 10,1 % lors de la même période l’année précédente.

Profitant de cette période de stabilité des prix, la Banque Centrale a choisi de lâcher du lest sur sa politique monétaire. La BCC abaisse donc son taux directeur de 15,0 % à 13,5 %. L’objectif de cette réduction de 1,5 point est de stimuler l’activité économique tout en préservant un taux d’intérêt réel positif pour assurer la stabilité monétaire.

Sur le marché des changes, la stabilité est essentielle. Bien que le Franc Congolais a subi une baisse de 3,08 % sur le marché officiel depuis le début de l’année (fixant la valeur à 2.287,71 CDF pour 1 USD), il a connu une légère hausse de 0,04 % dans le secteur parallèle.

Sans aucun doute, la gestion des devises étrangères est l’annonce la plus significative de ce communiqué. Dans le cadre de ses efforts pour combattre le blanchiment d’argent et renforcer l’autonomie monétaire, la BCC a instauré deux initiatives majeures qui entreront en vigueur dans 13 mois :

  1. À partir du 9 avril 2027, les banques commerciales n’auront plus l’autorisation d’importer physiquement des billets en devises étrangères. Cette responsabilité reviendra exclusivement à la Banque Centrale
  2. À la même date, toute transaction en monnaie étrangère sur le territoire national, quel qu’en soit le montant, devra obligatoirement se faire par voie scripturale (virements, cartes bancaires, etc.). Les paiements en « cash » en dollars ou autres devises seront interdits pour les personnes physiques comme morales.

La BCC a officialisé sa stratégie de conversion d’or brut artisanal en or monétaire, visant à renforcer les réserves de change et à diversifier ses actifs. En s’associant avec DRC Gold Trading, l’établissement commence à établir un stock stratégique dans le but de « tamponner les impacts des variations de marché » et de consolider la confiance en la devise nationale.

Toutefois, si la situation à l’intérieur est stable, le Gouverneur André Wameso Nkualoloki a tout de même mis en garde contre les dangers persistants. L’augmentation continue des coûts du pétrole à travers le monde pourrait générer une tension supplémentaire sur les finances gouvernementales et le coût du carburant, risquant finalement de compromettre la tendance positive de l’inflation.

Pour conclure, le CPM exhorte à une étroite collaboration entre les politiques monétaire et budgétaire dans le but de convertir cette stabilité conjoncturelle en une transformation structurelle pérenne de l’économie congolaise.

La Rédaction.

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