Ces arguments motivés d’ensemble pour la République dénommés « L’appel du 8 mai » lancé en réponse au projet de modification constitutionnelle.

Deux jours après ce qu’il qualifie de « trahison du serment constitutionnel », le parti d’opposition Ensemble pour la République a publié ce vendredi 8 mai 2026 une déclaration politique majeure intitulée « L’appel du 8 mai », signé par son Directoire exécutif national.Ce texte au ton particulièrement offensif accuse le régime du président Félix Tshisekedi de planifier un « coup d’État institutionnel » sous couvert de réformes, et appelle à la mobilisation générale en invoquant l’article 64 de la Constitution.

Pour le parti de Moïse Katumbi, la date du 6 mai 2026 marquera l’histoire comme le jour où « la plus haute instance de l’État a choisi de rompre son serment constitutionnel » en ouvrant la voie à une révision des verrous intangibles de la loi fondamentale.

« La Constitution n’a pas trahi le Congo. Ce sont les gouvernants qui ont trahi la Constitution », martèle le parti de l’opposition.

Le communiqué qualifie de « velléité de présidence à vie » les manœuvres prêtées au pouvoir en place, y voyant une « déclaration de guerre au peuple congolais ». Ensemble pour la République rejette également l’idée d’un nouveau référendum, qualifié d’« imposture juridique » :

  • Le respect du pacte de 2006 : Le parti rappelle que la Constitution actuelle a été adoptée par référendum à 85 % et soutient qu’on « n’invoque pas le peuple pour défaire ce que le peuple a déjà fait ».
  • La menace de poursuites pénales : S’appuyant sur l’article 74 de la Constitution, l’opposition affirme qu’en violant son serment d’observer et de défendre la Constitution, le président Félix Tshisekedi s’expose à des poursuites pour « haute trahison », conformément aux articles 164 et 165 de la loi fondamentale.
  • Le caractère intangible de l’article 220 : L’article rappelle que le nombre et la durée des mandats présidentiels constituent un « noyau dur, sacré et immuable » auquel il est interdit de toucher.

Ensemble pour la République démonte point par point ce qu’il qualifie de « mythes » propagés par le pouvoir pour justifier un changement constitutionnel :

  • Sécurité et social: Le parti balaie l’argument selon lequel la Constitution bloquerait la paix à l’Est ou le développement du pays. Sur le plan sécuritaire, l’opposition dénonce « l’absence d’une chaîne de commandement efficace et le détournement des fonds » destinés aux forces armées. Sur le plan social, elle attribue la précarité des Congolais, le manque d’écoles et le chômage des jeunes à une « gouvernance de prédation, de clientélisme et de jouissance » plutôt qu’à des freins constitutionnels.
  • Accords internationaux et secteur minier: Répondant aux arguments économiques, le parti affirme que la stabilité juridique est au contraire le meilleur gage pour les investisseurs. Il cite en exemple la progression de la production de cuivre en RDC, passée de moins de 20 000 tonnes en 2006 à plus de 3 millions de tonnes en 2026 grâce à la stabilité du code minier. Tout en appuyant l’accord de Washington, l’opposition insiste sur le fait qu’il ne doit pas servir d’alibi pour modifier la Constitution.

Le communiqué d’Ensemble pour la République dénonce vigoureusement la dérive vers une « oligarchie clanique » et « l’instrumentalisation des identités tribales », qualifiée de « bombe à retardement ».

Face à ce qu’il nomme une « dérive dictatoriale », le parti active officiellement le devoir de résistance prévu par l’article 64 de la Constitution et lance un appel à différents acteurs :

  • Au peuple congolais : Invité à se préparer à « défendre sa dignité ».
  • À l’opposition et la société civile : Appelées à dépasser les querelles de positionnement pour créer immédiatement un « Front républicain de résistance ».
  • Aux forces de défense et de sécurité : Rappelées à leur devoir d’obéir à la Constitution et non à un homme.
  • À la communauté internationale : Exhortée à ne pas être la « complice silencieuse d’un chaos annoncé ».

En guise de conclusion, le parti d’opposition réaffirme sa position de fermeté absolue : aucun glissement de calendrier électoral ni aucune révision constitutionnelle ne seront tolérés. Ensemble pour la République insiste sur le fait que le président Félix Tshisekedi arrive au terme de son dernier mandat et fixe le cap : « Une seule nation, une seule constitution, une seule échéance, 2028. »

La Rédaction

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