RDC – Immeuble Sabena : ce trou financier de 17 millions USD qui perturbe le CAMI.

L’acquisition et la réhabilitation de l’ancien immeuble Sabena par le Cadastre Minier (CAMI) tournent au scandale d’État. Entre dépenses opaques, retards de livraison et soupçons de trafic d’influence, les langues se délient en interne. Récit d’un dossier devenu explosif.

C’est une affaire qui fait désormais les choux gras de la presse kinoise, portée notamment par les révélations de nos confrères d’AfricaNews. Au cœur de la tourmente : l’immeuble Sabena, censé devenir la vitrine de la modernisation du Cadastre Minier, mais qui ressemble de plus en plus à un puits sans fond pour les deniers publics.

Les chiffres avancés donnent le vertige. Selon les informations recoupées, l’acquisition du bâtiment aurait coûté près de 9 millions de dollars américains. Un montant auquel se sont greffés environ 8 millions de dollars destinés aux travaux de réhabilitation.

Au total, ce sont donc 17 millions USD qui ont été engagés. Pourtant, sur le terrain, le constat est amer : le chantier s’éternise. À ce jour, aucun responsable au sein du CAMI n’est en mesure de fournir une date précise pour la fin des travaux. Ce flou artistique alimente la colère des agents et cadres de l’institution qui dénoncent des « dépenses excessives » et une gestion caractérisée par une opacité totale.

Outre les aspects financiers, l’enquête d’AfricaNews souligne une zone d’ombre troublante : l’influence démesurée d’une ancienne employée de la défunte compagnie aérienne Sabena. Cette figure de l’ombre, dont le rôle exact reste à définir, semble peser de tout son poids dans la gestion du dossier, suscitant des interrogations sur d’éventuels conflits d’intérêts ou des réseaux d’influence contournant les procédures standards.

Face à ce que beaucoup qualifient déjà de « scandale immobilier », le CAMI est sommé de répondre à des questions cruciales :

  • Qui contrôle réellement les flux financiers ? Les mécanismes de surveillance des décaissements semblent avoir été défaillants.
  • Qui valide les avenants ? La multiplication des coûts laisse supposer des rallonges budgétaires validées sans réelle contrepartie technique.
  • Qui certifie l’avancement du chantier ? L’absence de visibilité sur l’état réel des travaux suggère un manque de suivi indépendant.

Pour les contestataires internes, le point de rupture est atteint. La crédibilité même du Cadastre Minier, organe pivot de l’économie nationale, est en jeu. Les revendications sont claires et sans équivoque :

  • L’ouverture immédiate d’un audit triple : administratif, financier et technique pour faire la lumière sur chaque dollar dépensé.
  • Une enquête judiciaire : afin de déterminer les responsabilités pénales dans ce qui ressemble à un détournement de destination des fonds.
  • Des sanctions conservatoires : la suspension des responsables impliqués dans la chaîne de décision pour éviter toute dissimulation de preuves.

L’affaire Sabena n’est plus un simple retard de chantier ; c’est une crise de gouvernance qui frappe l’une des institutions les plus stratégiques du pays. Le silence de la direction générale devient chaque jour un peu plus assourdissant.

La Rédaction.

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