
Comment hisser la République Démocratique du Congo au rang des puissances économiques capables de répondre souverainement à ses défis sécuritaires et de développement ? La réponse se dessine à Kinshasa, où s’est ouverte la 2ème édition des Journées Scientifiques sous un thème crucial : « L’accroissement des recettes publiques de l’État : Innovations, Stratégies et Résultats ».
Donnant le coup d’envoi de ces trois jours de travaux intensifs, le Président de l’Assemblée Nationale, Aimé Boji, a exhorté les panélistes, universitaires et décideurs présents à formuler des propositions de réformes audacieuses et novatrices pour décupler les recettes publiques de l’État.
Face à un parterre de choix composé de députés nationaux, sénateurs, membres du gouvernement, opérateurs économiques et délégués de la société civile, le Ministre du Commerce Extérieur a présenté une vision économique de rupture. Qualifiant le budget actuel de 20 milliards de dollars de « minable » au regard des immenses besoins du pays, le ministre a tracé une trajectoire ambitieuse : atteindre 50 milliards de dollars d’ici 5 ans, pour viser le cap historique des 100 milliards de dollars américains dans les 10 prochaines années.
Pour Julien Paluku, ce sursaut financier est indispensable pour relever les défis majeurs de la RDC : assurer la sécurité du territoire, financer le développement des infrastructures et améliorer durablement les conditions de vie de la population congolaise.
Pour concrétiser cette trajectoire ascendante, le patron du Commerce Extérieur de la RDC mise sur une synergie solide entre quatre piliers de la nation :
- Le Parlement qui légifère ;
- Le Gouvernement qui mobilise les recettes publiques ;
- La Justice qui sécurise les processus ;
- Le Secteur privé qui produit la richesse.
Parmi les réformes phares défendues figure la consolidation du climat des affaires. Celle-ci passe impérativement par la suppression des taxes qualifiées de « toxiques » et une refonte complète de la loi sur la nomenclature des impôts et taxes.

Le ministre a également appelé le Parlement et l’appareil judiciaire à faire preuve de fermeté extrême contre « les saboteurs » des réformes technologiques. Le point de mire est ici la digitalisation complète des processus douaniers. Initiée le 29 décembre 2025, cette réforme repose sur l’interconnexion et la transmission électronique de la liasse documentaire depuis le système S One du Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur (GUCE) vers le système Sydonia World de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA). Une transition numérique cruciale pour éradiquer la fraude aux étapes de pré-dédouanement, dédouanement et post-dédouanement.
Au-delà de la douane, c’est l’architecture de la gouvernance même que le ministre souhaite réformer. Il plaide pour une gouvernance à trois échelons : le pouvoir central, le pouvoir provincial et, désormais, le territoire érigé en véritable entité de coordination du développement local. À cela s’ajoute l’impératif d’accroître les capacités productives nationales, particulièrement à travers la relance massive du secteur agricole.
Cette volonté de modernisation est largement partagée au sein de l’exécutif. Présents au débat, le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que le Ministre de l’Entrepreneuriat et des PME, Justin Kalumba, ont tous deux insisté sur l’urgence de digitaliser l’ensemble de l’économie congolaise. Ils préconisent également la mise en place rapide de mesures incitatives pour stimuler le secteur privé et formaliser le tissu économique.
Les conclusions et recommandations de ce forum scientifique, qui durera trois jours, sont impatiemment attendues. Elles devront poser les bases techniques de la RDC de demain : un État fort, financièrement autonome et résolument tourné vers l’avenir.
La Rédaction.
