
Face aux défis de la mobilité et du développement économique dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, une initiative inédite a vu le jour au chef-lieu de la Tshopo. Répondant à l’invitation conjointe des gouverneurs de la Tshopo, du Maniema et du Nord-Kivu, le ministre des Infrastructures et Travaux Publics (ITP), John Banza Lunda, est arrivé ce lundi 17 août à Kisangani. Dès son arrivée, le ministre s’est directement rendu au gouvernorat pour une réunion de concertation stratégique axée sur la mutualisation des efforts interprovinciaux.
Cette séance de travail vise à sceller une coopération étroite entre ces trois provinces voisines, traversées par des axes routiers d’intérêt national et stratégique.
Au cœur des échanges : la Route Nationale 3 (RN3), véritable colonne vertébrale reliant Ubundu (Tshopo), Walikale (Nord-Kivu) et Lubutu (Maniema). Si les autorités provinciales ont déjà initié des travaux communautaires, notamment le déboisement et le rechargement systématique sur plusieurs kilomètres entre Ubundu et Kisangani, elles rappellent que l’impulsion et le soutien financier du pouvoir central demeurent indispensables.
« La Tshopo se trouve au carrefour des intérêts de tous. Elle est traversée par trois routes nationales : la RN4, la RN3 et la RN7, cette dernière constituant une voie d’accès vers la capitale, Kinshasa », a souligné Paulin Lendogolia, gouverneur de la Tshopo.


Pour le Maniema, la réhabilitation du réseau routier constitue une question de survie économique. Saluant la présence de John Banza Lunda comme une marque de considération forte envers les provinces, le gouverneur Moïse Moussa a insisté sur les retombées sociales d’une telle démarche.
« Plus nous travaillons en synergie, plus nous sommes efficaces. L’ouverture de ces axes permettra au Maniema de respirer économiquement et d’améliorer directement le niveau de vie de nos populations », a-t-il affirmé.
Du côté du Nord-Kivu, la question des infrastructures s’articule avec les enjeux de sécurité et d’intégration transfrontalière. Le gouverneur militaire, le Général-Major Évariste Somo, a rappelé l’importance des projets sous-régionaux, à l’instar du corridor reliant Mpundwe en Ouganda aux villes de Beni et Butembo.
« La valeur de notre défense est compromise sans routes », a martelé le Général-Major Somo, avant d’égrener les chantiers aéroportuaires en cours (Beni-Mavivi, Walikale, et bientôt Lubero et Mangurejipa) et de saluer la naissance du nouveau « corridor cacaoyer » reliant Beni, Kisangani et Kindu.


Impressionné par cette démarche unitaire qu’il a vivement encouragée auprès des autres gouverneurs du pays, le ministre John Banza Lunda, surnommé le « Cantonnier de la République », a réaffirmé la volonté ferme du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, de relier toutes les provinces de la RDC.
Dans le cadre du Programme national de désenclavement et de connectivité, qui vise la modernisation de 22 800 km de voies terrestres, le ministre a détaillé plusieurs avancées concrètes :
- RN3 : Modernisation intégrale programmée pour assurer la jonction entre la Tshopo, le Nord-Kivu et le Maniema.
- RN2 : Un axe stratégique de 1 080 km reliant Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental) à Bukavu (Sud-Kivu), comptant déjà plus de 10 km asphaltés sous forme d’autoroute à 2×2 bandes.
- Voiries urbaines : Finalisation des études techniques pour 50 km de voirie à Kindu et au Nord-Kivu, ouvrant la voie à la phase de contractualisation et au lancement imminent des travaux.
- Voies fluviales : Exploitation optimisée du fleuve Congo comme axe de transport naturel complémentaire.
En présence des députés nationaux ayant fait le déplacement, le ministre des ITP a également répondu aux inquiétudes urgentes de la population. Concernant l’effondrement stratégique du pont Teturi au Nord-Kivu, John Banza Lunda a rassuré l’opinion : des éléments de structure modernes sont déjà arrivés au port de Matadi et leur acheminement vers le site est en cours de finalisation.
À l’issue de cette rencontre prometteuse, les trois gouverneurs ont annoncé qu’ils remettraient officiellement un mémorandum conjoint au ministre pour sceller leurs attentes prioritaires et garantir le suivi de ces grands chantiers.
La Rédaction.
