RDC : Une rentrée scolaire « sur mesure » le 1er septembre face à l’épidémie d’Ebola

Alors que le pays franchit le cap tragique des 2 300 décès liés à l’épidémie d’Ebola, le gouvernement congolais maintient la rentrée des classes au 1er septembre 2026. Pour protéger la santé des élèves sans sacrifier leur éducation, un dispositif d’urgence gradué selon trois niveaux de risque sanitaire est déployé dans les zones touchées.

Pas question d’abandonner l’école face à la résurgence du virus. Lors d’un briefing gouvernemental tenu ce mardi 18 août 2026, la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a officialisé le maintien de la rentrée scolaire au 1er septembre prochain. Une reprise qui s’adaptera rigoureusement à l’évolution de la carte épidémiologique tracée par le ministère de la Santé.

Cette décision intervient dans un contexte sanitaire particulièrement alarmant. Selon le ministre de la Santé, le Dr Roger Samuel Kamba, le bilan dépasse désormais les 5 000 cas confirmés pour plus de 2 300 décès, traduisant un taux de létalité redoutable de près de 47 %. Si l’Ituri demeure l’épicentre du foyer épidémique, plusieurs autres provinces ont également signalé des cas. Sur les 138 sous-divisions éducationnelles recensées dans les zones touchées, 40 sont frappées par le virus et 18 sont jugées à très haut risque (soit 13 % du réseau territorial).

« La rentrée a bien lieu le 1er septembre, mais de manière différenciée (…) Les enfants ne peuvent pas être deux fois pénalisés, et par l’épidémie et par l’arrêt des cours », a martelé Raïssa Malu.

Afin d’harmoniser les mesures de sécurité et l’organisation pédagogique, l’exécutif congolais a établi une classification simple basée sur trois niveaux de risque :

  1. Zone Verte (Territoires indemnes) : Là où aucun cas n’a été recensé, les cours reprendront normalement. L’accent y sera mis sur la sensibilisation active pour ériger une barrière préventive.
  2. Zone Orange (Cas sous contrôle) : Les cours en présentiel sont maintenus mais accompagnés d’un protocole sanitaire strict. Lavage des mains, installation de kits d’hygiène et surveillance accrue des symptômes sont obligatoires. Tout élève ou enseignant fiévreux devra rester à domicile et se signaler aux services de santé.
  3. Zone Rouge (Haut risque) : Dans ces secteurs critiques, la présence en classe est temporairement suspendue au profit d’un enseignement à distance adapté aux réalités locales.

Pour les élèves résidant en zone rouge, le ministère exclut d’emblée la fracture numérique. Aucune connexion Internet ni équipement informatique coûteux n’est exigé des ménages. Le Gouvernement a plutôt opté pour un modèle sobre, efficace et gratuit.

  • Fiches pédagogiques imprimées : Les élèves travailleront chez eux à l’aide de fascicules de deux à quatre pages (recto verso) recentrés sur les savoirs essentiels du programme.
  • Relais radio local : Des cours et synthèses diffusés sur les radios communautaires et locales viendront consolider ces apprentissages autonomes.
  • Permanence à l’école : Tous les 15 jours, un parent ou l’élève se rendra à l’établissement (selon un horaire échelonné) pour remettre les devoirs et récupérer la série de fiches suivante. Les enseignants y assureront une permanence pédagogique constante.

Ce dispositif spécial fonctionnera par cycles renouvelables de quatre semaines. Au terme de chaque phase, l’Éducation nationale et la Santé réévalueront la situation avant de prolonger ou d’alléger les mesures. La ministre assure que la totalité des coûts sera prise en charge par l’État et ses partenaires techniques et financiers.

Si la crise venait à se prolonger jusqu’aux échéances d’évaluations et examens d’État, le ministère précise que les épreuves se tiendront physiquement dans les écoles sous strictes mesures de distanciation sociale et d’hygiène renforcée.

En adaptant le calendrier et la méthodologie de cours à chaque zone géographique, Kinshasa cherche à préserver à tout prix le lien pédagogique. L’ambition prioritaire affichée est d’endiguer la progression de la maladie pour empêcher qu’une zone verte ne bascule à l’orange, et qu’une zone orange ne sombre à son tour dans le rouge.

La Rédaction.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *