
RDC: les défis sécuritaires, le soutien aux enseignants et l’innovation sociale au cœur des enjeux de la rentrée scolaire 2026-2027
La lancement officielle de l’année scolaire 2026-2027 a eu lieu à l’Institut Technique Agricole et Vétérinaire de N’sele (ITAV/N’sele), situé dans la commune regroupée de Tshangu, à l’Est de la capitale de la République Démocratique du Congo. Cette rentrée de classe a réunis des dirigeants nationaux et provinciaux autour des enjeux de l’éducation à l’échelle nationale.
S’adressant aux élèves, le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a prononcé un discours empreint d’encouragement et d’exigence civique.
« À vous qui reprenez aujourd’hui le chemin de l’école, à vous qui franchissez pour la première fois les portes d’une salle de classe, je voudrais adresser un message simple : croyez en vous. Votre situation d’aujourd’hui ne détermine pas nécessairement ce que vous serez demain », a-t-il déclaré avec conviction.


Insistant sur la culture du travail et du mérite, le gouverneur a rappelé la responsabilité de la jeunesse dans le développement futur de la métropole congolaise : « Votre avenir se construira notablement par votre travail, votre discipline, votre persévérance, votre intégrité et votre volonté d’apprendre. Alors, allez à l’école avec ambition. Rêvez grand, travaillez avec sérieux, respectez vos enseignants, vos parents, vos camarades et surtout comprenez que la ville de Kinshasa compte sur vous. »
Présente à la cérémonie, la ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté (et de la Formation professionnelle), Raïssa Malu, a dressé un tableau lucide du contexte exigeant dans lequel s’ouvre cette nouvelle année scolaire. Dans plusieurs régions du pays, l’insécurité liée aux conflits armés et les risques sanitaires, notamment la résurgence d’Ebola, posent un défi majeur au système éducatif.
La ministre a réaffirmé l’engagement ferme du gouvernement d’assurer la continuité de l’apprentissage pour tous les enfants de la République : « Notre devoir reste le même : faire fonctionner l’école partout où cela est possible. J’ai ainsi une pensée particulière pour nos élèves, nos enseignants et nos familles qui vivent dans les zones affectées par les conflits. Leur droit à l’éducation doit rester pleinement garanti. »
Concernant les zones sous menace sanitaire, la ministre a présenté les dispositions mises en place pour préserver à la fois la santé et l’instruction des élèves : « Dans les zones concernées par Ebola, nous avons également préparé une réponse adaptée. Lorsque les conditions sanitaires le permettent, les cours se poursuivent en présentiel avec les mesures de prévention requises. Un dispositif léger d’enseignement à distance permet de maintenir les apprentissages et le lien. »
Afin d’améliorer la qualité des conditions d’apprentissage et de lutter contre la précarité qui touche de nombreuses familles, le gouvernement passe à l’action avec une mesure concrète. Raïssa Malu a annoncé le déploiement expérimental mais d’envergure d’un programme de restauration en milieu scolaire.

« Nous lançons également cette année le déploiement de 78 cantines scolaires, soit trois par province. Il s’agit d’une première étape pour mieux prendre en compte les conditions concrètes dans lesquelles nos enfants apprennent », a précisé la ministre.
Ce projet pilote ambitionne de poser les bases d’un réseau national de nutrition scolaire favorisant la assiduité et la concentration des jeunes apprenants.
Face aux défis qui pèsent sur le système éducatif, les enseignants ont été invités à réaffirmer le sens éthique et professionnel de leur engagement. La ministre s’est adressée aux professionnels de la craie en leur demandant de mettre l’élève au cœur de toutes leurs préoccupations.
« Chers enseignants, je connais l’importance de votre mission et les difficultés auxquelles beaucoup d’entre vous restent confrontés. Le gouvernement poursuivra le travail engagé pour améliorer et sécuriser les conditions sociales. De votre côté, je vous demande de placer l’élève au centre de votre mission, d’être présent dans vos classes, d’enseigner avec exigence, de respecter l’éthique de votre profession et de veiller effectivement à ce que les enfants apprennent. »
En marquant ce coup d’envoi à l’ITAV/N’sele, les autorités congolaises ont ainsi réaffirmé leur volonté de bâtir une école résiliente, inclusive et tournée vers l’excellence, malgré un contexte national complexe.
La Rédaction.
