La ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, a été frappée de plein fouet par une tragédie ce jeudi 10 septembre 2026. Un violent incendie s’est déclenché vers 9h00 du matin, ravageant plus de 300 habitations et plusieurs établissements scolaires dans les communes de Kadutu et Bagira. Le bilan humain provisoire fait état d’au moins 27 enfants tués et de dizaines de blessés graves, alors que la région traverse déjà une crise sécuritaire et humanitaire aiguë.
Le drame s’est déclaré en milieu de matinée dans le quartier Cimpunda (aire de santé de Nyamulagira, zone de santé de Kadutu). Le feu s’est propagé avec une rapidité fulgurante à travers les avenues Kasheke, Lugulu et Elila, surprenant les habitants et les élèves en pleins cours en cette période de rentrée scolaire.
Selon l’organisation Women Need Peace (WNP) et des sources scolaires locales, l’incendie a directement frappé le complexe de l’EP et de l’Institut Buholo ainsi que l’EP Nongo dans la commune de Kadutu, et s’est étendu jusqu’à l’EP Mosala dans la commune voisine de Bagira. Des centaines d’enfants se trouvaient à l’intérieur des établissements au moment où les flammes ont encerclé les bâtiments.
Les premiers bilans établis par les sources hospitalières et scolaires approchées par l’Agence Congolaise de Presse (ACP) rapportent au moins 27 enfants décédés (dont 19 filles et 5 garçons identifiés à ce stade).
On dénombre également au moins 29 personnes grièvement blessées. La prise en charge d’urgence s’est organisée dans la précipitation grâce à la mobilisation des structures sanitaires de proximité, notamment : la Polyclinique Bernard, le Centre de Santé Maendeleo et les structures médicales de quartier (Chez Emmanuel, Chez Baba Salongo).
Une ambulance effectue des rotations ininterrompues pour transférer les cas les plus critiques vers l’Hôpital Général de Référence Bulambo-Kadutu (17 blessés) et l’Hôpital Général Provincial de Référence (12 blessés). Les équipes médicales redoutent une aggravation du bilan dans les prochaines heures.
Outre les pertes humaines tragiques, plus de 300 maisons ont été réduites en cendres, laissant des centaines de familles sans abri et démunies.
Si les origines exactes du sinistre restent à déterminer, plusieurs riverains suspectent un acte criminel dans un contexte d’insécurité grandissante. Bukavu est sous le contrôle du groupe armé M23 et de l’armée rwandaise depuis le mois de février.
Un habitant du quartier Cimpunda témoigne, désemparé : « Nous ne savons pas l’origine du feu. Nous avons été surpris, nous pensons que c’est d’origine criminelle. En l’espace d’un mois, nous enregistrons 18 incendies avec déjà plus de 50 morts. Que le gouvernement de la République nous vienne en aide. Nous ne savons pas où nous allons passer la nuit avec les enfants. »
Face à l’ampleur de la catastrophe, les organisations de la société civile, dont Women Need Peace, poursuivent la collecte de données sur le terrain et lancent un appel d’urgence aux acteurs humanitaires et aux autorités.
Les besoins immédiats identifiés sur le site du sinistre comprennent :
- Fourniture de médicaments, intrants de prise en charge des brûlés et renforcement des moyens d’évacuation médicale.
- Prise en charge psychologique d’urgence pour les élèves survivants, le corps enseignant et les familles endeuillées.
- Distribution d’abris d’urgence, de vivres et de kits de première nécessité pour les familles sinistrées.
- Aide à l’identification formelle des victimes et soutien aux familles pour l’organisation des obsèques.
Une mise à jour du bilan officiel sera communiquée à mesure que les opérations de recherche et de secours se poursuivent sur les décombres.
La Rédaction.
