Nord-Kivu : un nouveau massacre attribué aux ADF à Beni fait une trentaine des morts et déclenche une alerte sanitaire

Une attaque des rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 novembre 2026, a tué au moins 33 civils. Le bilan humain et matériel est lourd, et l’attaque a provoqué un déplacement massif de populations, aggravé par la fuite de patients suivis pour Ebola.

Les assaillants sont entrés dans la zone de Cantine en pleine nuit et ont opéré entre 23 heures et 3 heures du matin.

Un bilan provisoire de la société civile locale fait état de 33 morts : 24 à Cantine et 9 à Kima. Le président des forces vives locales précise que les fouilles se poursuivent dans la région, ce qui laisse craindre un bilan plus élevé.

Les dégâts matériels sont considérables : une soixantaine de maisons d’habitation et de commerces ont brûlé, un véhicule a été incendié et plusieurs motos ont été détruites ou emportées.

Cette nouvelle incursion a jeté sur les routes plusieurs milliers d’habitants qui fuient les zones menacées. Un flot important de déplacés converge vers Beni et Butembo.

Cet exode ajoute des difficultés aux populations vulnérables. Un notable de la région, qui s’exprime sous couvert d’anonymat, déplore que des combattants d’autodéfense populaire dits Wazalendo exigent des « frais de passage à la barrière » à ces civils en détresse.

Le point le plus préoccupant reste la rupture de la chaîne de surveillance sanitaire. Pris de panique pendant l’attaque, des malades et des personnes classées comme contacts à haut risque d’Ebola ont quitté le centre de traitement où ils étaient placés en observation.

Parmi eux se trouve l’épouse d’une personne récemment décédée d’Ebola, elle-même sous surveillance médicale étroite.

Le Dr Kakule Vulembera Christian, médecin au centre hospitalier Kelekele de Cantine, alerte : il est pour l’instant très difficile de retrouver ces fuyards, ce qui fait craindre une propagation du virus dans les zones qui accueillent les déplacés.

La Rédaction.

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