
« Allez en enfer »: Paul Kagame répond de manière provocante aux menaces des sanctions internationales.
Dans une déclaration empreinte d’une intensité peu commune lors du dialogue national « Umushyikirano 2026 », le président rwandais Paul Kagame a écarté d’un geste les pressions diplomatiques et les menaces de sanctions qui pèsent sur son pays. En demeurant fidèle à son image de dirigeant inflexible, il a choisi de répondre aux critiques occidentales par la provocation.
Le ton est monté d’un cran à Kigali. Alors que la communauté internationale intensifie ses avertissements concernant la situation sécuritaire à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) et le supposé rôle du Rwanda, Paul Kagame a opté pour un abandon du traditionnel discours diplomatique.


Lors d’une récente allocution, le président rwandais a délivré un message sans équivoque aux forces étrangères évoquant la menace de sanctions économiques et politiques. Pour Paul Kagame, il ne s’agit plus de justifier, mais de proclamer la souveraineté.
« Au lieu d’être étouffé par toutes ces « menaces », je préfère être étouffé en étant provocateur et en vous disant d’aller en enfer », a-t-il lancé.
En s’exprimant aussi explicitement, le président rwandais cherche à démontrer que son pays ne se pliera pas à des contraintes externes qu’il perçoit souvent comme orientées ou déconnectées de la réalité locale.
Au lieu de se retirer, Paul Kagame paraît au contraire adopter une stratégie de confrontation ouverte. En se positionnant pour être « étouffé » par la provocation plutôt que par la soumission, il stimule un segment de l’opinion publique africaine qui le considère comme un défenseur de l’autonomie du continent face aux enseignements de l’Occident.
Cette rhétorique n’est pas inédite chez le chef rwandais, mais elle a désormais atteint un stade irréversible sur le plan diplomatique. En répondant à ses détracteurs pour « aller en enfer », il ferme, du moins de manière temporaire, la porte à une médiation fondée sur la contrainte.

Le président du Rwanda n’a pas limité sa critique aux puissances occidentales. Il a aussi visé Kinshasa avec ses critiques, reprochant à la communauté internationale son parti pris dans le conflit entre les deux pays voisins.
D’après Paul Kagame, l’approche des instances internationales vis-à-vis du président congolais Félix Tshisekedi fait défaut en termes de rigueur et de pragmatisme. « La communauté internationale traite Tshisekedi comme un enfant gâté », a-t-il affirmé, suggérant que le gouvernement congolais bénéficie d’une indulgence injustifiée malgré son incapacité à sécuriser son propre territoire et ses alliances avec certaines milices locales.
Au-delà des attaques ad hominem, l’argumentation a revêtu un aspect philosophique et identitaire, axé sur l’idée de dignité à la rwandaise. Paul Kagame a souligné que la dimension d’un pays ne devrait pas déterminer son niveau de subordination aux puissances internationales.
« Accepter d’exister par la grâce des autres est une erreur, c’est quelque chose que nous devrions considérer comme inacceptable », a-t-il martelé. « Nous n’avons été créés par personne, quel qu’il soit. Personne ne nous possède. »
Le président a conclu son intervention par un message de résistance destiné tant à sa population qu’aux puissances étrangères : « Peu importe à quel point tu es puissant. Peu importe votre richesse. Peu importe votre volonté d’utiliser ce pouvoir à mauvais escient. Nous, d’un petit pays comme le Rwanda, nous devrions être capables de nous y opposer. »
Le Rwanda est la cible de critiques depuis plusieurs mois. De nombreux rapports émanant d’experts de l’ONU mettent en cause Kigali pour son soutien supposé au groupe rebelle M23, qui est actif dans la province du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo. Malgré les dénégations constantes du gouvernement rwandais, qui plaide pour une résolution globale des racines du conflit, notamment la présence des FDLR à sa frontière, la pression internationale n’a cessé de croître.
Le danger d’un isolement diplomatique plus important est bien présent, cependant Kigali semble avoir effectué ses calculs. Le pays compte sur sa robustesse économique et ses partenariats stratégiques en Afrique et ailleurs pour atténuer les impacts de potentielles sanctions plus strictes.
Rédaction
