COP11 : Une opportunité stratégique pour renforcer la lutte antitabac en RDC

COP11 : Une opportunité stratégique pour renforcer la lutte antitabac en RDC

La République Démocratique du Congo se trouve à un moment décisif dans la lutte contre le tabagisme. À l’occasion de la 11e Conférence des Parties (COP11) à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), qui se tient actuellement (du 17 au 22 novembre) à Genève, la RDC a l’opportunité de défendre des politiques adaptées à ses réalités sanitaires, économiques et sociales. Cet événement mondial, réunissant 183 Parties dont la RDC, vise à évaluer les progrès réalisés et à adopter des mesures innovantes pour réduire l’impact du tabac sur la santé publique.
Un tournant pour la régulation des nouveaux produits
Vingt ans après l’entrée en vigueur de la CCLAT, la COP11 s’annonce comme une étape clé dans la régulation des nouveaux produits du tabac et de la nicotine – tabac chauffé, cigarettes électroniques, sachets de nicotine. Ces produits, différents des cigarettes traditionnelles car ils ne brûlent pas le tabac, suscitent des débats intenses. La combustion reste la principale source de substances toxiques responsables des maladies liées au tabagisme. Reconnaître cette différence est une exigence scientifique et de santé publique.
De nombreuses études démontrent que l’élimination de la combustion réduit considérablement la formation de substances nocives. Plusieurs pays, y compris certains du Sud, intègrent déjà la réduction des risques dans leurs stratégies antitabac. Il ne s’agit pas de promouvoir la nicotine, mais d’offrir des alternatives moins nocives aux fumeurs adultes qui ne parviennent pas à arrêter malgré les campagnes de prévention. À la COP11, il est essentiel que les politiques publiques soient proportionnées au risque pour encourager la transition vers des options scientifiquement évaluées.
Réduction de la nocivité : une opportunité pour la RDC En République Démocratique du Congo, où le tabagisme reste un problème de santé publique et où l’accès aux soins est limité, la réduction de la nocivité constitue une piste pragmatique pour compléter les politiques de prévention. Intégrer des solutions scientifiquement évaluées, comme les produits sans combustion, pourrait contribuer à diminuer les maladies liées au tabagisme chez les fumeurs
Publicadultes qui ne parviennent pas à arrêter. Cette approche, combinée à des campagnes de sensibilisation et à un cadre réglementaire strict, permettrait à la RDC de renforcer sa lutte antitabac tout en tenant compte des réalités socio-économiques locales.
Pour les pays africains, cette COP représente bien plus qu’un rendez-vous diplomatique : c’est une opportunité historique de faire entendre une voix commune, ancrée dans les réalités du continent. Avec près de 50 Parties africaines à la Convention, les défis sont multiples : croissance démographique rapide, pressions économiques, accès limité aux soins, et poids du secteur agricole du tabac. Les délégations doivent arriver préparées, unies et ambitieuses pour défendre des positions équilibrées, basées sur la science et le pragmatisme.
Promouvoir des solutions adaptées La RDC doit adopter une approche inclusive qui combine : Prévention : campagnes ciblées et sensibilisation des jeunes.  Protection : interdiction de la publicité et contrôle des points de vente.
 Réduction de la nocivité : intégration des produits moins nocifs dans les stratégies, après évaluation scientifique.
 Investir dans la recherche locale, encourager la coopération régionale et favoriser le dialogue entre gouvernements, scientifiques et société civile seront essentiels pour bâtir des politiques durables.
Les décisions prises à Genève auront des répercussions durables sur les politiques de santé publique. Pour la RDC et l’Afrique, reconnaître la différence entre combustion et non-combustion et intégrer la réduction des risques comme outil de santé publique serait un pas décisif vers une lutte antitabac équitable et adaptée aux besoins du continent.

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