
Plus de 330 000 Congolais déplacés vivent la précarité au Burundi et en Tanzanie,le Gouvernement obligé d’agir !*
Ils n’ont pas fui la famine, mais les bombardements. Le samedi 17 janvier 2026, lors d’une conférence de presse spéciale tenue au studio Maman Angebi de la RTNC, l’administration congolaise a révélé l’étendue tragique de la crise humanitaire touchant les ressortissants congolais réfugiés dans les nations voisines. Un exode massif imposé par les actions hostiles du Rwanda et de ses alliés de l’AFC/M23.
L’évaluation faite par Eve Bazaiba Masudi, ministre d’État responsable des Affaires sociales, et Patrick Muyaya Katembwe, porte-parole du gouvernement, est indiscutable :Actuellement, 337 000 Congolais subsistent dans des camps précaires en Tanzanie et au Burundi. Ce déplacement de population n’est pas simplement le résultat d’une migration économique ou climatique, mais plutôt la conséquence directe de la « guerre d’agression » infligée à l’Est de la République démocratique du Congo.
Les chiffres officiels révèlent une crise d’une rare intensité :
– Au Burundi : 250 000 réfugiés sont répartis sur sept sites. Le site de Boussouma, le plus important, accueille 67 000 personnes, dont 30 000 enfants et 2 200 mineurs non accompagnés.
– En Tanzanie : 87 000 Congolais sont enregistrés, dont près de 50 000 enfants. Une dynamique qui ne faiblit pas, avec une vague récente de 10 000 nouveaux arrivants.
« C’est une tragédie humaine, une désolation », a martelé Eve Bazaiba lors de son intervention. « Nos compatriotes n’ont pas fui la misère, ils ont fui les hostilités. »
Face à un recentrage des politiques humanitaires mondiales qui pousse de nombreux donateurs et ONG internationales à réduire leurs activités, Kinshasa a choisi d’abandonner les pratiques diplomatiques traditionnelles. En théorie, un pays d’origine ne devrait pas agir directement sur le territoire d’un pays hôte. Devant la situation urgente, la RDC a choisi de mettre en place des « mesures exceptionnelles ».
En vertu d’un accord spécifique établi avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et les pays d’accueil, le gouvernement congolais assure désormais lui-même la distribution de nourriture et d’articles de première nécessité. Fait remarquable : la République Démocratique du Congo est actuellement le principal pourvoyeur d’aide au Burundi pour ses propres citoyens.
Plus loin que les simples chiffres, les membres du gouvernement ont partagé des récits émouvants suite à leurs visites de terrain. Que ce soit à Bujumbura ou en Tanzanie, l’hymne national, Debout Congolais, a été chanté par des masses en pleurs. Ces exilés sont tous animés par un unique souhait : retourner sur leur terre.
Patrick Muyaya a tenu à saluer la résilience exceptionnelle des populations, tant dans les camps que dans les zones sous occupation. « Nous travaillons à recréer les conditions du retour », a-t-il assuré, rappelant que la priorité opérationnelle reste la protection des plus vulnérables : enfants non accompagnés, femmes enceintes, personnes handicapées et survivantes de violences sexuelles.
Le sort de ces 337 000 individus demeure en suspens, dépendant de l’évolution du conflit.Tant que l’offensive du Rwanda et de l’AFC/M23 se poursuivra, des milliers de citoyens continueront d’être arrachés à leur domicile par l’exil. Ce point de presse apparaît comme une mise en garde pour une communauté mondiale souvent distraite : la situation humanitaire dans les Grands Lacs ne devrait plus être marginalisée.
*Rédaction*
