Polémique Bakole-Yoka : l’audacieuse incursion au goût séparatiste et tribaliste du député Auguy Kalonji.

Bien que le Président Félix-Antoine Tshisekedi se consacre à combattre le tribalisme et à favoriser l’unité nationale, ces derniers posts sur les réseaux sociaux du député national Auguy Kalonji concernant le duel du noble art opposant Martin Bakole à Tony Yoka suscitent une certaine tension. En distinguant les « authentiques » Congolais des « individus étrangers », le politicien s’engage sur la voie périlleuse de l’exclusion, négligeant de considérer que la puissance de la nation, en particulier dans le domaine sportif, découle de sa diaspora.

Dans une sortie médiatique qui ne manque pas de piquant, mais qui souffre d’un déficit de perspective, le député Auguy Kalonji a jugé bon de rappeler à Tony Yoka ses racines françaises pour mieux mettre en avant le champion Martin Bakole. Bien que le soutien à Bakole soit justifié, la démarche employée par l’élu national suscite des interrogations. En désignant Yoka comme un simple « sujet français » ne méritant pas de rivaliser avec « le nôtre », Kalonji ne se limite pas à analyser la boxe ; il dessine une ligne idéologique entre les Congolais résidant au pays et ceux vivant à l’étranger.

Cette rhétorique, empreinte d’un nationalisme excessif presque séparatiste, conteste ouvertement la notion de « l’Union Sacrée » pronée par Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Président de la République Démocratique du Congo. Comment un élu du peuple peut-il tenir de tels discours divisifs alors que le pays lutte pour sa cohésion face aux attaques extérieures et aux tendances à la balkanisation ?

Ce qui reste le plus étonnant dans la position du député Kalonji, c’est son oubli manifeste de la réalité du sport congolais. Si l’on devait adhérer à son raisonnement d’exclusion basé sur la nationalité ou le lieu de résidence, que subsisterait-il des Léopards du football ?

La majorité des joueurs qui constituent l’équipe nationale de football, ceux qui électrisent le stade des Martyrs et l’ensemble du pays, sont des « Congolais de l’étranger », souvent avec une double nationalité, nés ou formés en Europe. D’après l’optique de Kalonji, devraient-ils également être rétrogradés à leur « statut d’individu étranger » dès qu’ils rencontrent des difficultés ou qu’ils expriment une ambition considérée comme troublante ?

En mettant fortement l’accent sur « l’honneur du nôtre » par rapport à « l’autre », le représentant de la Tshangu s’approche d’un tribalisme camouflé en patriotisme. Les analystes appellent cela le « patriotisme de façade » : on idolâtre celui qui nous ressemble pour ensuite repousser celui qui a osé s’en aller.

Dire que Tony Yoka doit « rentrer en France » et qu’il n’a pas le droit de citer au ministère des Sports constitue une offense à la politique d’ouverture de la RDC. Le sport doit être un moyen de rassemblement, et non un instrument de division. Martin Bakole est un grand champion qui n’a pas besoin de faire de l’ombre aux autres pour se distinguer. Son habileté sur le ring est suffisante en elle-même.

Le radicalisme préoccupant dont semble souffrir l’élu, se transforme en une arrogance que Kalonji reproche à Yoka. En assumant cette position, Auguy Kalonji prend le risque de se couper d’une jeunesse congolaise de plus en plus reliée à sa diaspora.

Alors que le Président Tshisekedi multiplie les discours d’unité pour reconstruire la nation, des déclarations de ce type, « séparatistes », ne sont pas uniquement indésirables : elles sont également nuisibles sur le plan politique. Peu importe la rive où l’on a grandi, en RDC, qu’on combat sous le drapeau tricolore ou qu’on arbore fièrement le léopard au centre, le pays reste un et indivisible.

La rédaction.

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