Lors de sa visite à Kinshasa mardi dernier, Jean-Pierre Lacroix, le secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix, a associé la mise en place de la prochaine mission d’observation du cessez-le-feu à la sécurisation préalable de l’aéroport de Goma, un carrefour logistique crucial actuellement inopérant.
Un obstacle logistique à surmonter L’aéroport international de Goma est le centre des négociations diplomatiques et militaires en République Démocratique du Congo (RDC). Selon les Nations unies, sa réouverture est une condition indispensable pour le déploiement de la mission de surveillance destinée à soutenir l’accord de paix signé à Washington en décembre dernier.
« Il faudrait probablement partir de l’aéroport de Goma « , a martelé Jean-Pierre Lacroix. L’organisation sollicite désormais des » garanties de sécurité » fermes de la part de l’ensemble des parties au conflit. Le défi consiste à convertir cette infrastructure en plateforme logistique pour transporter le personnel et l’équipement requis pour la surveillance du cessez-le-feu.
En dépit de l’entente de Washington, la situation sur le terrain est toujours caractérisée par une instabilité persistante. Depuis fin 2021, l’est de la RDC est confronté à un regain d’activité du M23, un groupe que le gouvernement de Kinshasa accuse d’être appuyé par le Rwanda.
En janvier 2025, la situation a pris une tournure plus compliquée avec l’assaut du M23 sur Goma, ce qui a conduit à la fermeture instantanée de son aéroport. » Nous ne sommes pas encore, loin s’en faut, en situation de véritable cessez-le-feu « , a reconnu Jean-Pierre Lacroix, réduisant ainsi les espoirs d’un déploiement à grande échelle immédiat.
Le premier essai de cette dynamique inédite est prévu à Uvira, une ville frontalière du Burundi d’une grande importance stratégique. Après une brève occupation par le M23 en décembre, suivie d’un retrait sous pression américaine, Uvira se prépare à accueillir une première étape de déploiement dans les semaines à venir. Néanmoins, étant donné que le bureau de l’ONU le plus proche est situé à Goma, la fermeture de l’aéroport représente un frein considérable à la souplesse de cette opération.
L’accord stipule que la Monusco doit surveiller sur le terrain l’application d’un cessez-le-feu qualifié de » permanent « . Cependant, sans un véritable engagement de tous les intervenants, l’armée congolaise, les groupes armés et leurs soutiens régionaux, les objectifs de la mission de surveillance pourraient bien ne pas se concrétiser.
Jean-Pierre Lacroix a un message sans équivoque : l’ONU est disposée à intervenir, mais elle ne mettra pas ses forces en péril sans des promesses politiques et militaires tangibles de la part de l’ensemble des parties engagées dans le conflit.
La Rédaction
