
L’épilogue est désormais acté. Au terme d’un processus marqué par tractations, spéculations et campagnes feutrées, le sénateur Norbert Basengezi Katintima a été élu deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, avec 87 voix sur 95 votants. Une victoire nette qui met fin à plusieurs jours de controverses autour de sa candidature.
Il succède ainsi à Modeste Bahati Lukwebo, qui avait quitté ses fonctions le 18 mars 2026, dans un climat de critiques internes liées à sa prise de position contre la révision ou le changement de la Constitution, ouvrant une séquence politique particulièrement animée au sein de la Chambre haute.
L’élection de Basengezi ne constitue pas seulement un renouvellement au sein du bureau du Sénat. Elle marque surtout la fin d’une véritable « saga » politique, rythmée par des campagnes de dénigrement, des accusations relayées en coulisses et des tentatives de repositionnement au sein de la majorité présidentielle.
Dans cette dynamique, plusieurs candidatures avaient émergé au départ. Mais progressivement, elles se sont effacées, laissant place à une candidature unique portée par la majorité, après le choix opéré par l’autorité morale de l’Union sacrée de la Nation (USN), le président Félix Tshisekedi.
Ce ralliement progressif illustre à la fois le poids politique du Chef de l’État dans l’arbitrage interne et la reconnaissance, au sein de la majorité, de la nécessité de privilégier un profil capable de répondre aux exigences du moment.
Le triomphe de l’expérience sur les présomptions
Face aux critiques, souvent fondées sur des éléments anciens ou des interprétations politiques, le vote des sénateurs a tranché sans ambiguïté. Avec 87 voix sur 95, Basengezi bénéficie d’une légitimité claire, issue d’un processus démocratique interne à l’institution.
Ce résultat consacre, au-delà des controverses, la primauté de l’expérience et de la connaissance des rouages de l’État sur les campagnes de suspicion. Car derrière les attaques, c’est bien le profil d’un acteur transgénérationnel de la vie politique congolaise qui s’est imposé.
Né le 10 janvier 1958 à Kashimaro-Kaziba, dans la province du Sud-Kivu, Norbert Basengezi Katintima incarne, en effet, une trajectoire politique dense et diversifiée. Ancien gouverneur du Sud-Kivu dans une période particulièrement sensible, il a également été député national avant d’occuper les fonctions de vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
À ces responsabilités institutionnelles s’ajoute son rôle actuel de président et autorité morale du parti Alliance des nationalistes pour un Congo émergent (ANCE), membre de l’Union sacrée de la Nation.
Ce parcours lui confère une connaissance approfondie des institutions, mais aussi des réalités politiques et sécuritaires du pays, en particulier dans l’Est, une région stratégique au cœur des préoccupations nationales.
Une mission à la hauteur d’un parcours qui, au terme de cette séquence politique mouvementée, vient d’être validé par les urnes.
Albert Osako
