14e Conférence Ministérielle de l’OMC à Yaoundé : Les défis du commerce international sont au centre des préoccupations africaines.

Yaoundé est devenue le centre clé de la diplomatie commerciale internationale. La 14e Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (CM14) a rassemblé le jeudi 26 mars les ministres du Commerce de 166 pays membres, avec un objectif précis : transformer le système multilatéral afin de le rendre plus inclusif, en particulier pour les Pays Moins Avancés (PMA).

Les discussions de cette CM14 s’articulent autour de la réforme de l’OMC, l’encouragement du commerce en ligne, le secteur agricole et l’industrialisation grâce au développement des Zones Économiques Spéciales (ZES). Dans le cadre d’une polycrise, les représentants tentent de trouver des moyens d’ajuster les normes du commerce mondial aux conditions technologiques et environnementales actuelles.

Au nom du Président Paul Biya, le Premier Ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, a donné le coup d’envoi des travaux tout en exhortant avec vigueur les nations développées. Il a encouragé les PMA à moderniser leurs infrastructures, soulignant particulièrement l’importance des points de passage frontaliers à guichet unique pour faciliter le commerce.

Dès le premier jour, la voix de l’Afrique a retenti avec force. Luc Magloire Atangana Mbarga, le Ministre du Commerce du Cameroun, a exprimé une vision pour un commerce multilatéral « équitable, ouvert et inclusif ».

Une des principales suggestions du continent est la mise en place d’un Accord sur la Facilitation des Investissements, inspiré du modèle de l’Accord sur la Facilitation des Échanges de l’OMC. Cette démarche a bénéficié d’un soutien considérable de la part de la République Démocratique du Congo. Julien Paluku Kahongya, le Ministre congolais du Commerce Extérieur, a énergiquement plaidé pour cette position lors de la rencontre stratégique des PMA qui s’est tenue avant l’inauguration. Il a insisté sur le fait que sans soutien à l’investissement, l’industrialisation des pays en voie de développement demeurera un souhait irréalisable.

Ngozi Okonjo-Iweala, la Directrice Générale de l’OMC, a su tirer parti de cette plateforme pour établir un diagnostic clairvoyant de la situation mondiale. Elle a mis en évidence les conséquences néfastes des importantes crises géopolitiques, notamment la guerre au Moyen-Orient, qui affecte l’économie mondiale.

Durant quatre jours, les ministres du Commerce à travers le monde vont successionner des séances plénières et des discussions bilatérales. Alors que les discussions stratégiques sont déjà en cours, le défi pour Yaoundé sera de trouver un accord qui ne laisse aucun pays derrière dans le chemin du développement.

On observera attentivement le résultat de cette CM14 : il décidera si l’OMC peut se transformer pour satisfaire les exigences de développement des pays les plus vulnérables tout en apportant une stabilité au commerce international perturbé par des tensions mondiales.

La Rédaction.

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