
Au lendemain de la célébration du 66ème anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo (RDC), marquée par le discours solennel du Chef de l’État le 30 juin, le Ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya, publie une tribune politique importante. De retour d’une mission internationale dédiée à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’ancien gouverneur du Nord-Kivu livre une analyse rigoureuse et dépassionnée sur la refondation constitutionnelle du pays. Pour lui, le passage à une Quatrième République ne relève pas du simple ajustement juridique, mais d’une triple exigence historique : une nécessité, une opportunité et une urgence.
Dans un climat politique souvent sujet aux passions et aux clivages, Julien Paluku introduit sa réflexion en appelant à une élévation du débat démocratique. Saluant la vitalité d’une « démocratie vivante où la parole est un droit », il invite la classe politique et la société civile à dépasser les postures partisanes.
« Le biais majeur dans les analyses actuelles réside dans cette tendance persistante à voir, derrière chaque proposition, le destin d’un homme plutôt que l’urgence de bâtir l’avenir de la Nation », martèle le Ministre.
Pour le patron du Commerce Extérieur, il est temps de substituer l’invective par la confrontation rationnelle des idées, guidée uniquement par l’intérêt général.
Le premier pilier de l’argumentaire de Julien Paluku repose sur un constat historique : l’actuelle architecture constitutionnelle (issue de la Constitution de 2006) est le produit d’un compromis post-conflit qui a fait son temps.
Selon lui, la RDC évolue depuis 2001 dans un schéma de « transition permanente ». La loi fondamentale en vigueur, rédigée dans le climat de méfiance caractérisant les accords entre anciens belligérants à Sun City, avait pour but principal de stabiliser une paix fragile plutôt que de propulser une grande puissance africaine.
« Cette Constitution a épuisé son potentiel », tranche le Ministre. Pour franchir un cap et s’affirmer comme une nation majeure, la RDC doit rompre avec la culture des compromis provisoires pour bâtir un État de droit solide et pérenne.
Loin de jeter un regard purement négatif sur les deux dernières décennies, Julien Paluku invite à une lecture constructive des crises passées. Les blocages administratifs, les chevauchements de compétences au sein de l’exécutif et les tensions institutionnelles récurrentes doivent être appréhendés comme des « leçons de gouvernance ».
La Quatrième République représente, à ses yeux, l’occasion idéale d’ajuster le tir :
- Consolider les mécanismes institutionnels qui ont fait leurs preuves.
- Éliminer les lourdeurs bureaucratiques et les incohérences juridiques qui freinent le développement et le décollage économique du pays.
- Opérer une transition managériale, en passant de « l’apprentissage de la démocratie à la maîtrise de la gestion publique ».
L’argument géographique est sans doute l’un des plus percutants de cette tribune. Julien Paluku rappelle une réalité physique souvent occultée dans l’élaboration des politiques publiques : la RDC est un pays-continent de 2 345 410 \bm{km^2}, soit l’équivalent de 80 fois la superficie de la Belgique.
Pour le Ministre, tenter de gouverner un tel géant avec des structures de gestion pensées pour un « État minimal » relève d’une « hérésie géographique et administrative ». L’urgence impose donc de doter l’Exécutif d’outils de puissance et de leviers de gouvernance robustes, capables de projeter l’autorité de l’État sur chaque kilomètre carré du territoire national.
« Nous ne pouvons plus diriger un pays-continent avec des méthodes qui diluent l’autorité et l’imputabilité », insiste-t-il.
À l’aube de cette 67ème année d’indépendance, Julien Paluku place la classe politique devant ses responsabilités historiques. Le choix qui s’offre à la Nation est binaire : se contenter de gérer les scories du passé ou jeter les bases d’un avenir souverain.
En plaidant pour cette Quatrième République, le Ministre du Commerce Extérieur appelle à l’avènement du « cadre de notre maturité », où l’efficacité administrative, la clarté institutionnelle et la puissance publique permettront enfin à la République Démocratique du Congo de jouer pleinement son rôle de leader au cœur du continent africain.
La Rédaction.
