
- Ce 2 août 2026, la RDC commémore le GENOCOST(Génocide pour des gains économiques).
Pourtant, une grande partie de la jeunesse (18-35 ans) et même beaucoup d’adultes, peinent encore à saisir toute la portée historique de cette date.
- Comprendre le GENOCOST, c’est retracer 30 ans de conflits, de pièges géopolitiques et de pillages systématiquement organisés.
Chronologie des faits : De la chute du Zaïre au piège des rébellions (1990 – 2026)
3). 1990 – 1994 : Les prémices régionales et nationales.
●1990-1991 : Au Rwanda, le Front Patriotique Rwandais (FPR) lance son offensive depuis l’Ouganda. Au Zaïre, le régime affaibli de Mobutu annonce le multipartisme et convoque la Conférence Nationale Souveraine (CNS).
●1991 – 1992 : Élection d’Étienne TSHISEKEDI Wa MULUMBA comme Premier Ministre(15-08-1992), immédiatement empêché par Mobutu d’exercer ses fonctions. Le Zaïre sombre dans le chaos, marqué par des pillages systématiques et la fuite des investisseurs.
●6 avril 1994 : Assassinat des présidents Juvénal Habyarimana (Rwanda) et Cyprien Ntaryamira (Burundi). Le FPR prend le pouvoir à Kigali dans un environnement de massacres sélectifs (reconnus comme génocide), avec une simulation de Paul Kagame comme Vice-Président, pourtant véritable Chef d’État, devant une opinion internationale certainement naïve et une façade dirigée par le Pasteur Bizimungu.
Entre-temps des millions des rwandais dont les ex-forces armées rwandaises et les miliciens INTERAHAMWE traversent les frontières congolaises. Ils s’installent dans les camps de Mugunga, à l’ouest de Goma; dans le Nyiragongo et dans le camp KAHINDO, en territoire de Rutshuru.
4). 1996 – 1998 : L’AFDL et le premier piège sécuritaire.
●1996 : Éclatement de la guerre à l’Est, menée par l’AFDL avec quatre figures de proue : Laurent-Désiré Kabila, André Kisasu Ngandu, Anselme Masasu Nindaga et Déogratias Bugera(tous tués plus tard sauf le dernier). Le Rwanda justifie son entrée en guerre au motif de poursuivre les miliciens rwandais qui, dit-il, s’organisent militairement sur le territore congolais.
●17 mai 1997 : L’AFDL prend Kinshasa. M’Zee Laurent-Désiré Kabila devient Président.
Cherchant à noyauter l’appareil sécuritaire congolais, le Rwanda impose James Kabarebe comme Chef d’État-major général l’armée
●Juillet 1998 : Conscient du danger et du piège d’occupation, L.-D. Kabila ordonne le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. James KABAREBE et le Col DAN sont renvoyés à Kigali. Joseph Kabila avec une forte délégation les y accompagne et rentre le même jour.
5). 2 août 1998 – 2003 : Le déclenchement du génocide et l’occupation
●2 août 1998 : En réponse au renvoi de leurs troupes, les militaires rwandais se replient sur Goma et créent le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). Comme toujours, ils mettent un congolais à l’avant plan pour lire le communiqué de destitution du Président L.-D Kabila sur les antennes de la RTNC-GOMA(Il s’agit de Sylvain BUKI, qui sera aussi tué plus tard). En même temps, les militaires rwandais tentent une expédition au Kongo Central jusque dans les encablures de Kinshasa( les gens se souviennent des opérations de CHANGU). C’est le début officiel du drame et des massacres à grande échelle en RDC.
Des horreurs sanglantes frappent le Nord et le Sud-Kivu. Plusieurs massacres sont commis à KASIKA et MAKOBOLA. Femmes, enfants et bébés sont assassinés, les uns enterrés vivants à KILUNGUTWE, KALAMA et KASIKA, Territoire de MWENGA(24 août 1998). On note dans la même veine le massacre de MAKOBOLA(nuit du 30-31 décembre 1998).
De 1998 à 2003, Kigali contrôle pendant 5 ans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et une partie du Haut-Katanga(espace supposé abriter les INTERAHAMWE qui transformeront leur appelation en FDLR: Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda).
Julien Paluku
