Un an après l’attaque armée au quartier Badiadingi qui a coûté la vie à la jeune élève Prescillia Mananasi Kufingila et grièvement blessé son père, le procès tarde à être fixé. Alors que les criminels courent toujours, la famille endeuillée vit dans la peur constante et interpelle les autorités du pays.
Les faits remontent au 31 juillet 2025, aux environs de 2 heures du matin. Dans la quiétude de la résidence familiale située au n° 11A de l’avenue Mputu Mpanzu, dans la commune de Selembao (Kinshasa), des criminels lourdement armés s’introduisent par effraction.
Le bilan est tragique : Prescillia Mananasi Kufingila, une adolescente de 16 ans, élève en classe finale au Complexe scolaire La Borne (UPN), est froidement abattue par balles. Lors de la même assault, son père biologique, Monsieur Eddy Mananasi Mabala, est atteint de plusieurs projectiles à la cuisse, échappant de peu à la mort. Une attaque d’une violence inouïe qui a plongé la communauté locale dans la consternation et la révolte.
Soucieuse de voir la vérité éclater et fermement attachée au respect des lois, la famille Mananasi a immédiatement saisi les instances judiciaires. L’objectif était clair : établir les responsabilités, éclaircir les mobiles de cet acte barbare et traduire en justice l’ensemble des auteurs et complices.
Une procédure pénale a été formellement ouverte sous le numéro de dossier RMP 1150P/BIN/51716/EJB/025. Les chefs d’accusation retenus témoignent de la gravité extrême des faits :
- Assassinat et tentative de meurtre ;
- Vol à mains armées et détention illégale d’armes à feu ;
- Dissipation de munitions et effraction de domicile ;
- Association de malfaiteurs.
Cependant, une année après le drame, le constat est amer. Malgré la gravité des charges et l’urgence humanitaire de la situation, le dossier n’a toujours pas été fixé devant la Juridiction militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema. Le flou persiste, la procédure piétine, et les assassins continuent de circuler librement dans les rues de la capitale en toute impunité.
Au-delà de la perte tragique de leur fille, la famille Mananasi vit aujourd’hui dans un climat de terreur quotidienne. Rescapé de l’attaque mais lourdement impacté physiquement et psychologiquement, Eddy Mananasi et les siens craignent le pire.
Sans interpellation des suspects et sans protection policière renforcée, rien n’empêche les assaillants de revenir « rééditer leur exploit » pour tenter de faire disparaître les témoins gênants. Ce sentiment d’insécurité permanente paralyse la famille, privée à la fois de justice et de sérénité.
Face à cette situation critique, la famille Mananasi lance un appel solennel au gouvernement et aux autorités judiciaires de la République Démocratique du Congo. Sont directement interpellés :
- Le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, M. Guillaume Ngefa, sollicité pour faire usage de son pouvoir régalien afin d’impulser l’accélération de la procédure judiciaire ;
- Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, pour la garantie de la sécurité physique des citoyens et de leurs biens ;
- Le Ministre des Droits Humains, pour veiller au respect du droit fondamental à une justice équitable et diligente.
« Pourquoi le procès sur l’assassinat de Prescillia Mananasi Kufingila n’est-il toujours pas organisé ? », s’interrogent les proches et de nombreux observateurs de la société civile. La Constitution congolaise garantit la sécurité et l’accès à la justice pour tous. Il est désormais impératif que le dossier RMP 1150P/BIN/51716/EJB/025 sorte de l’ombre pour que le droit soit dit, le vrai, et que les coupables répondent enfin de leurs actes.
La Rédaction.
