
Kinshasa, mardi 10 juin 2026. Dans le cadre des rendez-vous de redevabilité initiés par le ministère de la Communication et Médias, le Ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza Lunda, était l’invité du briefing en direct du studio Maman Angebi de la RTNC ce mardi 9 juin 2026. Aux côtés de son collègue Patrick Muyaya, le patron des ITP a défendu le bilan infrastructurel du gouvernement et tracé des perspectives ambitieuses pour interconnecter les 25 provinces et la capitale.
C’est un exercice de transparence sans filtre auquel s’est prêté le ministre des Infrastructures et Travaux publics. Face à un panel de journalistes pointilleux, John Banza Lunda a dressé la cartographie d’un pays en pleine mutation infrastructurelle. « Le pays bouge et les chantiers sont partout », a martelé le Ministre, balayant au passage les critiques de l’opposition.
Des chiffres chocs pour répondre aux critiques
Interpellé par les professionnels des médias sur le rythme réel des travaux à l’échelle nationale, le ministre a opposé la politique des chiffres et du concret :
Le bond en avant : À l’accession au pouvoir du président Félix Tshisekedi, la RDC ne comptait que 3 000 km de voies revêtues. Aujourd’hui, le pays affiche 8 000 km en cours de revêtement ou déjà asphaltés.
Le cap à long terme : L’objectif affiché est d’atteindre rapidement 23 000 km, pour viser 60 000 km d’ici à 10 ans.
Ouvrages d’art : Le réseau est passé de moins de 20 ponts fonctionnels à 301 ponts construits ou réhabilités, un effort crucial pour relier les territoires coupés par les 28 000 km de voies navigables naturelles du pays.

Les grands axes nationaux au peigne fin
Du Corridor central aux provinces enclavées, la revue de détail des Routes nationales (RN) montre que plusieurs projets majeurs entrent dans leur phase active :
Axe routier – Spécificités et état d’avancement
RN 1 (Moanda – Mokambo) : 3 300 km en pleine réhabilitation en vue de se connecter au Corridor central.
RN 2 (Mbuji-Mayi – Bukavu) : 800 km prévus en configuration 2 × 2 voies.
RN 4 (Kisangani – Beni) : processus de requalification du contrat en cours pour accélérer ce couloir vert stratégique.
RN 6 et RN 7 : les études sont complètement terminées.
RN 8 (Mbandaka – Kisangani) : lancement imminent des travaux.
Axe Kananga-Kalambambuji : les travaux de construction se poursuivent.
Kinshasa face au défi de la mobilité : le plan multimodal
Répondant à la question sur l’engorgement de la capitale (passée de 500 000 habitants à plus de 16 millions sans adaptation des infrastructures), John Banza Lunda a dévoilé une stratégie en quatre réponses fortes pour moderniser Kinshasa :
Les rocades : un projet de 73 km de voies de contournement, avec des livraisons prévues dans la zone sud-est pour désengorger le centre-ville.
Le viaduc de la baie de Ngaliema : une infrastructure moderne pour fluidifier l’accès à la partie ouest.
Le viaduc central : une véritable route aérienne en plein cœur de Kinshasa.
Le tramway : un réseau de transport de masse ambitieux projetant sept lignes à travers la ville.
Concernant la voirie urbaine, le ministre a rappelé la Constitution (art. 204) : la voirie est une compétence exclusive des provinces, mais l’État central intervient régulièrement en appui.
À Kinshasa, une ville de 10 000 km², le gouvernement gère un déficit historique de 6 000 km, mais 1 000 km de routes neuves sont sur le point d’être livrés.
Les chantiers avancent également à l’intérieur du pays : Bunia est métamorphosée, plus de 50 km de voirie ont été réalisés à Kananga, et les études sont bouclées pour Lodja et le Maniema (Kindu).
Alerte sur l’urbanisme sauvage à Kinshasa
Le Ministre a tiré la sonnette d’alarme concernant la multiplication des érosions dans la capitale. Plus de 600 têtes d’érosion actives ont été répertoriées, causées principalement par des constructions anarchiques qui détruisent le tissu urbain.
Rigueur, financement et contrôle qualité
Relancé sur la question de la qualité des infrastructures et du budget, le patron des ITP a prôné la tolérance zéro.
Pour garantir la durabilité des ouvrages, le gouvernement mise sur la formation avec la mise en service du Centre de formation des agents voyers, destiné au contrôle strict de la qualité sur le terrain.
Sur le plan financier, conscient que le budget national appelle à fournir plus d’efforts, le gouvernement se tourne résolument vers les partenariats public-privé (PPP) pour soutenir ce rythme effréné de reconstruction.
Malgré les retards constatés sur certains chantiers (comme à Lemba-Super ou sur le projet Arena, actuellement en cours de régularisation contractuelle), le message du Ministre est clair : la RDC s’est installée dans une dynamique de reconstruction durable, pensée « pour aujourd’hui et pour les générations futures ».
CELLCOM MIN ITP
