Nord-Kivu : Escortes armées et tolérance zéro face à la résurgence d’Ebola

De retour d’une mission officielle à Kisangani le mercredi 20 août 2026, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Evariste Somo Kakule, a tapé du poing sur la table. Face à la résurgence de l’épidémie d’Ebola, l’autorité provinciale annonce un durcissement immédiat des mesures de sécurité pour protéger les équipes sanitaires, parallèlement à une vaste campagne de sensibilisation.

Désormais, l’ensemble des interventions médicales sur le terrain se fera sous protection militaire. C’est la principale instruction donnée par le gouverneur à l’issue d’une réunion d’urgence du comité provincial de sécurité.

« Dorénavant, tous les déplacements d’ambulances et de véhicules d’intervention dans le cadre de la lutte contre Ebola bénéficieront d’une escorte armée », a tranché le général-major Somo Kakule.

Cette décision drastique vise à mettre fin aux actes de violence et d’incivisme ciblant les soignants. Le gouverneur a adressé une mise en garde sévère aux fauteurs de troubles : « Ceux qui tenteront de s’attaquer au personnel de santé feront l’objet d’une répression des plus sévères. Je l’ai affirmé, et je le réitère. »

Le chef de l’exécutif provincial a vivement déploré l’hostilité tenace de certaines franges de la population face aux consignes sanitaires. Il pointe du doigt une partie de la jeunesse, estimant qu’elle est désinformée ou manipulée.

Le général-major a qualifié d’« inacceptables » les comportements à risque, notamment l’obstruction des soins et la manipulation clandestine des dépouilles de victimes d’Ebola des pratiques à très haut risque de contamination.

Pour rappel, cette 17ᵉ épidémie a déjà coûté la vie à plusieurs personnes dans la province, dont un médecin neurochirurgien venu spécialement de France pour prêter main-forte aux équipes locales.

Le gouverneur a ainsi lancé un appel pressant au civisme et à la responsabilité, s’adressant particulièrement : Aux jeunes et mouvements citoyens ; aux groupes de pression ; aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) ; et à l’ensemble de la société civile.

Analyse faite, la propagation rapide du virus au Nord-Kivu s’explique principalement par l’importante mobilité transfrontalière et interprovinciale, notamment avec l’Ituri voisin, foyer initial de cette vague épidémique.

Le virus ne se limite plus au seul Nord-Kivu : plusieurs autres provinces de la République démocratique du Congo ainsi que l’Ouganda voisin sont également touchés par cette résurgence.

Pour faire face à cette crise sanitaire majeure, la solidarité s’organise à tous les niveaux. Le gouverneur militaire a salué l’engagement conjoint du Gouvernement central, de la communauté internationale et des acteurs humanitaires.

Parmi les intervenants clés sur le terrain figurent :

  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ;
  • L’ONG ALIMA, ainsi que diverses organisations communautaires et confessions religieuses.

À l’échelle locale, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a concrétisé son soutien logistique en faisant don de cinq véhicules tout-terrain, de sacs mortuaires et de thermoflashs pour équiper les équipes de contrôle sanitaire.

Pour le gouverneur, la bataille contre la maladie repose sur deux piliers indissociables : la sécurité et la pédagogie. C’est pourquoi le lancement imminent d’une campagne de sensibilisation de grande envergure a été confirmé, afin de réexpliquer les enjeux sanitaires à la population et d’assurer une adhésion communautaire totale.

La Rédaction.

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