RDC : Kinshasa a suggéré des « États généraux » sans la participation de Kabila ni de groupes armés, l’Angola refuse

Selon des révélations de l’hebdomadaire Jeune Afrique, les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont tenté de soumettre à la médiation angolaise une alternative au dialogue inclusif national. Baptisé « États généraux de la Refondation », ce projet excluait de fait l’ex-président Joseph Kabila et la rébellion. Une initiative restée lettre morte du côté de Luanda.

Dans les coulisses de la diplomatie régionale, l’heure est aux manœuvres stratégiques pour tenter de débloquer l’interminable crise politique et sécuritaire qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Alors que les partenaires internationaux et les médiateurs régionaux accentuent la pression pour la tenue d’un dialogue national inclusif, Kinshasa a tenté de reprendre la main sur l’agenda politique interne en soumettant une contre-proposition audacieuse à la médiation angolaise.

Selon les informations rapportées par le magazine Jeune Afrique, le pouvoir congolais a proposé à l’Angola l’organisation d’un forum national alternatif intitulé les « États généraux de la Refondation de l’État pour le Salut de la Patrie ».

Ce projet, pensé pour court-circuiter l’idée d’un dialogue multipartite sous supervision internationale, présentait plusieurs caractéristiques majeures :

  • Un ancrage purement national;
  • Une représentativité ciblée ;
  • Des exclusions de taille.

Sur le plan institutionnel, le schéma proposé conférait un rôle central au chef de l’État actuel. C’est le président Félix Tshisekedi qui devait convoquer officiellement ces assises.

De plus, la dynamique de l’événement était conçue de manière ascendante : le président de la République en aurait été le principal et unique destinataire final. Les conclusions, rapports de commissions et recommandations formulés à l’issue des travaux des 500 délégués devaient lui être remis directement, lui laissant l’initiative d’appliquer, ou non, les réformes suggérées. Une configuration que certains observateurs qualifient déjà de « monologue encadré » plutôt que de réel compromis politique historique.

Cette stratégie d’évitement du dialogue inclusif traditionnel n’a pas convaincu le facilitateur de la crise. Toujours selon les sources de Jeune Afrique, la proposition congolaise s’est heurtée au scepticisme de l’Angola.

Le président angolais João Lourenço, qui mène une médiation difficile sous le mandat de l’Union africaine (Processus de Luanda), n’a pas retenu cette option dans sa feuille de route diplomatique. Pour Luanda, court-circuiter l’inclusivité notamment en excluant les forces d’opposition majeures et les belligérants risquait de fragiliser les chances d’obtenir un accord de paix global et durable dans la région.

La Rédaction.

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