RDC : L’APCSC et son DG Freddy Yodi Shembo sont mis en cause sur un manque à gagner estimé à 80 millions $ dans le cadre du contrat sino-congolais.

L’honorable Patrick Munyomo Basilwango, député national élu de la circonscription de Goma (Nord-Kivu), a officiellement déposé, ce lundi 21 septembre 2026, une question orale avec débat adressée au Directeur Général de l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC), Freddy Yodi Shembo. L’élu met en lumière la validation jugée controversée d’une exonération de 100 millions de litres de produits pétroliers accordée aux sous-traitants dans le cadre du projet d’infrastructure Mbuji-Mayi–Nguba.

Dans sa correspondance enregistrée au Secrétariat du Président de l’Assemblée nationale sous le numéro 7706, le parlementaire révèle que cette mesure d’exonération pétrolière aurait engendré une perte financière nette de plus de 80 millions de dollars américains pour les caisses de l’État congolais.

Cette exonération s’inscrit dans le cadre des projets financés par le Programme Sino-Congolais, placé sous la supervision et le contrôle directs de l’APCSC. Selon le député, il est impératif que Freddy Yodi Shembo vienne s’expliquer devant la représentation nationale sur les justifications légales et financières de cette décision.

Invoquant la situation dramatique de la province du Nord-Kivu, gravement touchée par l’agression armée et comptant des milliers de déplacés internes et de réfugiés, Patrick Munyomo souligne l’urgence de récupérer ces fonds publics.

Dans son argumentation, il formule des pistes claires pour la réaffectation de ces 80 millions de dollars :

  • Assurer la prise en charge médicale et sociale des populations vulnérables des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu affectées par les conflits.
  • Financer l’acquisition de quatre avions de type Boeing 737 afin d’injecter une nouvelle dynamique et relancer les activités de la compagnie nationale Congo Airways.
  • Injecter des capitaux dans des projets économiques structurants et développer des infrastructures sportives modernes sur l’ensemble du territoire national pour l’encadrement de la jeunesse.

S’appuyant sur l’article 180 du Règlement intérieur de la Chambre basse du Parlement, le député sollicite du Bureau de l’Assemblée nationale l’inscription prioritaire de cette initiative de contrôle parlementaire à l’ordre du jour de l’une des toutes prochaines séances plénières.

Face aux enjeux financiers et socio-économiques majeurs soulevés, l’opinion publique et la classe politique attendent désormais la décision du Bureau de l’Assemblée nationale pour la programmation de cette audition très attendue.

La Rédaction.

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