RDC : Véron Mosengo-Omba élu président de la FÉCOFA sous une contestation intense.

Quatre ans après le départ de Constant Omari et une longue période de transition, la Fédération congolaise de football association (FÉCOFA) s’est enfin dotée d’un nouveau comité exécutif. Seul candidat en lice, Véron Mosengo-Omba a été élu président ce mercredi 20 mai à Kinshasa. Une élection sans surprise, mais d’ores et déjà entachée de lourds soupçons d’irrégularités.

C’est dans le cadre feutré de l’hôtel Pullman de Kinshasa que s’est joué l’avenir du football congolais. À l’issue de l’Assemblée générale élective, Véron Mosengo-Omba a été officiellement porté à la présidence de la FÉCOFA, récoltant 60 voix sur les 65 votants,un score Stalinien.

Cette élection marque la fin d’une longue ère d’incertitude. Depuis le départ de Constant Omari il y a quatre ans, l’instance faîtière du football national naviguait à vue, d’abord sous l’égide d’un Comité de normalisation (CONOR) désigné par la FIFA pour expédier les affaires courantes et restructurer la fédération.

Si les chiffres de l’élection affichent une apparente unanimité, l’ambiance en coulisses est loin d’être sereine. Véron Mosengo-Omba, ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), s’est présenté sans aucun rival face à lui. Un scénario de « candidat unique » qui suscite une immense frustration au sein de la famille du football congolais.

Quelques jours à peine avant le scrutin, la colère a éclaté au grand jour. Trois présidents de ligues régionales ainsi que plusieurs candidats disqualifiés sont montés au créneau pour dénoncer un processus électoral biaisé. Les accusations sont graves : les frondeurs évoquent des statuts falsifiés pour favoriser certains profils, ainsi que des usurpations de signatures sur des documents officiels.

La bataille ne fait que commencer sur le terrain juridique. Face à ce qu’il qualifie de « mascarade », le candidat écarté Patrice Mangenda a officiellement saisi la commission d’éthique de la FIFA. Sa requête est claire : obtenir l’annulation pure et simple de l’ensemble du processus électoral.

Pour la FIFA, ce dossier s’annonce particulièrement délicat à gérer. Véron Mosengo-Omba connaît parfaitement les couloirs de l’institution internationale pour y avoir collaboré activement durant plusieurs années. Cette proximité historique place la fédération internationale dans une position inconfortable, elle qui prône une rigueur absolue et une transparence totale sur les questions d’éthique et de gouvernance.

Les semaines à venir s’annoncent décisives pour le nouveau comité exécutif. Reste à savoir si la FIFA choisira de valider cette élection pour tourner la page de la transition, ou si elle prêtera une oreille attentive aux recours des contestataires, au risque de replonger le football congolais dans la crise.

La Rédaction.

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