
Face à la presse nationale et internationale, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a apporté des précisions cruciales ce samedi 16 mai sur l’épidémie qui sévit actuellement dans la province de l’Ituri. Malgré l’agressivité d’une variante inédite, le gouvernement assure que la riposte est sous contrôle.
L’alerte est maximale, mais la sérénité reste de mise au sommet de l’État. Lors d’une conférence de presse tenue récemment, le ministre Roger Kamba a révélé que la souche virale actuellement identifiée est différente de celle enregistrée l’année dernière. Cette mutation présente un défi de taille : à ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique pour cette variante.
Toutefois, le patron de la santé a tenu à rassurer l’opinion. L’absence de vaccin ne signifie pas une reddition face à la maladie. « Les mesures de santé publique déployées sur le terrain permettent de contenir efficacement la propagation », a-t-il affirmé, misant sur une stratégie éprouvée : identification rapide des cas, suivi rigoureux des contacts, isolement des malades et sensibilisation accrue.
Pour soutenir les équipes médicales au front, le ministre a annoncé l’arrivée imminente de renforts matériels. Deux avions transportant des équipements médicaux et logistiques sont attendus pour appuyer les opérations de riposte sur le terrain.
Cet appui technique vient compléter le travail de coordination effectué avec l’Institut national de santé publique (INSP). L’objectif est clair : décentraliser le diagnostic grâce au déploiement de laboratoires de proximité dans les zones affectées, afin de réduire les délais de prise en charge.
Le ministre a insisté sur le caractère zoonotique de la maladie, rappelant qu’elle se transmet par contact avec des animaux infectés en zone forestière, mais surtout par contact direct entre humains ou avec les corps des victimes. À cet effet, un appel vibrant a été lancé pour modifier certaines pratiques culturelles à risque.
« Plusieurs contaminations ont été enregistrées après des cérémonies funéraires. Il est impératif d’éviter les rites mortuaires impliquant un contact physique avec les dépouilles », a martelé le ministre.
Roger Kamba a profité de cette tribune pour rendre hommage aux professionnels de santé. Le tribut est lourd : plusieurs agents de santé ont été contaminés durant la prise en charge des patients. Avec un taux de létalité pouvant atteindre 50 %, la rapidité d’intervention est le seul rempart efficace. « Une prise en charge précoce augmente considérablement les chances de survie », a-t-il rappelé, exhortant les familles à ne plus cacher les malades.
Zones touchées et mesures d’hygiène
Actuellement, l’épidémie se concentre dans les zones de santé de :
- Rwampara
- Mongbwalu
- Bunia
Une extension vers d’autres localités de l’Ituri est toutefois redoutée. En plus des mesures de surveillance, les autorités rappellent les règles d’hygiène de base : lavage régulier des mains, consommation de viandes bien cuites et signalement immédiat de tout cas suspect aux autorités sanitaires.
Encadré : Les gestes qui sauvent
- Se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon.
- Ne pas manipuler d’animaux trouvés morts en forêt.
- Alerter les services de santé en cas de fièvre ou de saignements inexpliqués.
- Respecter les protocoles d’enterrements sécurisés.
La Rédaction.
