
À mesure que se rapproche l’échéance pour l’élection du deuxième Vice-président du Sénat, la bataille politique peine à se maintenir sur le terrain pur des joutes électorales, même après sa désignation par sa famille politique et le dépôt de sa candidature. Aux débats d’idées et aux arbitrages institutionnels se sont substitué des campagnes d’ombre, faites d’amalgames, de raccourcis et de procès d’intention.
Depuis l’annonce de sa candidature, Norbert Basengezi Katintima se retrouve au centre d’une offensive où l’argument politique cède la place à une stratégie bien connue : l’exhumation sélective de fragments de l’histoire nationale, très souvent des présomptions et des conjectures, sans qu’aucune responsabilité judiciaire formellement établie ne vienne les étayer.
Le rapport Mapping : entre instrument de mémoire et détournement politique
Au cœur des attaques : le désormais célèbre Rapport Mapping des Nations Unies, publié en 2010, qui documente les violations graves des droits de l’homme commises en RDC entre 1993 et 2003. Dans ce document, Norbert Basengezi est mentionné en raison de ses fonctions de Gouverneur du Sud-Kivu sous l’administration du RCD-Goma, dans un contexte particulièrement troublé marqué par la guerre et l’effondrement des structures étatiques.
Mais en fait d’incrimination politique de Basengezi dans l’enjeu d’aujourd’hui, ses pourfendeurs sa basent plutôt sur des faits d’incidents de police liés à des manifestations publiques. Rien de plus.
La responsabilité du Gouverneur est citée indirectement de manière institutionnelle dans la gestion des structures locales et des situations sécuritaires de l’époque. Rien de plus.
La vérité sur la vraie nature du rapport mapping
Mais ce que ses pourfendeurs omettent soigneusement et délibérément de rappeler, c’est l’essentiel, à savoir que le Rapport Mapping n’est pas un jugement judiciaire, ni un document d’enquête pré juridictionnelle. Il ne constitue ni une condamnation, ni une preuve irréfutable de culpabilité.
Il s’agit d’un inventaire de faits présumés, destiné à orienter des vérifications et d’éventuels mécanismes de justice transitionnelle.
Autrement dit, transformer ce document en acte d’accusation définitif relève soit de l’ignorance, soit d’une instrumentalisation politique à des fins de nuisance délibérée.
En définitive, dans cette campagne feutrée pour le Bureau du Sénat, Norbert Basengezi apparaît comme la cible d’une stratégie classique : affaiblir un candidat non pas sur son projet ou ses compétences, mais sur une construction narrative fondée sur des soupçons. L’intéressé, pour sa part, a toujours rejeté toute implication personnelle dans des crimes de guerre ou crimes contre l’humanité, rappelant qu’aucune juridiction nationale ou internationale ne l’a jamais condamné.
Mais au final, cette candidature pose une question simple mais essentielle : la République doit-elle juger ses prétendants sur des faits établis… ou sur des présomptions instrumentalisées ?
JDW
