
John Banza Lunda expérimente 180 km de calvaire entre Kananga et Mbuji-Mayi, axe abandonné depuis dix ans
Le ministre des Travaux publics John Banza Lunda a documenté mercredi 24 juin 180 km de «calvaire» sur la RN1 entre Kananga (Kasaï-Central) et Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental), axe abandonné depuis dix ans.
Le symbole de cette décrépitude se trouve à la descente de Mayeshe avec ses milles routes puis à Bikuku, à 43 km de Kananga. Là, l’érosion a emporté la chaussée jusqu’à ne laisser qu’un passage de cinq mètres. Les techniciens recensent une vingtaine de têtes d’érosion majeures sur le seul axe Kananga-Dimbelenge. « On conduit avec la mort dans le rétroviseur », lâche un chauffeur de poids lourd.
À Madila, le convoi a dû s’arrêter. Des poids lourds sont bloqués. Même les 4×4 ne passent plus. Le ministre a poursuivi à pied. Sa bravoure est saluée par les routiers et commerçants croisés sur le tronçon. Sur place, Germaine Mpanya, une commerçante, est bloquée depuis quatorze jours avec enfants et marchandises son camion.
Plus de 70% du tronçon est impraticable pour les grands camions. Le pont Muanza Ngoma, fissuré, menace de céder. John Banza Lunda a ordonné son renforcement d’urgence, avertissant que sa rupture paralyserait l’approvisionnement des chantiers régionaux.

Au Lac Mukamba, intersection avec la RN42, 5 km de fondation ont été posés sur la route vers Lusambo, longue de 130 km. Le ministre a promis 30 km asphaltés d’ici fin septembre 2026.
Le cortège a repris la route de nuit vers Mbuji-Mayi via Kabeya-Kamuanga, patelin du président Tshisekedi, marquant une halte à Bena Tshikulu pour consulter les ouvriers mobilisés. Entre Kabeya-Kamuanga et Mbuji-Mayi, des équipes sont en activité et près de 30 km de routes attendent d’être bitumés. Ici, les travaux ont atteint la vitesse de croisière après les deux précédentes visites de John Banza Lunda.
Cette tournée s’inscrit dans la «caravane des infrastructures» voulue par le président Félix Tshisekedi. À terme, la RN1 doit relier Moanda, sur la côte atlantique, à Kasumbalesa, à la frontière zambienne, en passant par Kolwezi et Lubumbashi, avant de désenclaver le Grand Kasaï et de connecter le Kasaï-Central au Sankuru, puis Kisangani, Beni et Bukavu.
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