La rentrée scolaire en RDC : Entre précarité financière et recentrage vers l’enseignement conventionné

Alors que la cloche de la rentrée scolaire va bientôt sonner, la préoccupation financière occupe la première place dans la hiérarchie des préoccupations des familles en République Démocratique du Congo. Une étude que vient de mener le cabinet d’études d’impact Target Sarl sur un échantillon représentatif de 1 540 Congolais âgés de 18 ans et plus révèle que revenir à l’école reste un véritable défi logistique et financier pour les ménages.

L’étude de la maison Target démontre une situation économique compliquée. Près de deux parents sur trois, soit 64 %, disent ne pas encore être complètement prêts pour la rentrée de leurs enfants.

Pourtant, par rapport à l’année précédente, le climat général d’appréhension diminue un peu. La part des personnes interrogées qui se disent « pas prêts du tout » a beaucoup baissé de 21 points. Elle tombe à 42 % pour cette rentrée 2026-2027. Elle était de 63 % en 2025.

On voit en effet un passage important vers la catégorie des parents « partiellement prêts », qui passe de 16 % à 41 %. Comme la plupart des familles n’ont pas assez d’argent au bon moment, beaucoup choisissent maintenant d’étaler les dépenses. Ils paient les achats en plusieurs fois et achètent les fournitures scolaires petit à petit, semaine après semaine.

De son côté, la part des ménages qui commencent la rentrée en se disant « totalement prêts » reste à un niveau très bas. Elle passe de 21 % en 2025 à 17 % cette année.

Au-delà de la préparation financière, le sondage de Target Sarl met en exergue une reconfiguration des intentions de choix d’établissements scolaires :
Explosion des écoles conventionnées. Elles connaissent une forte hausse de 23 points par rapport à 2023. Maintenant, elles attirent 45 % des préférences de scolarisation, contre 22 % auparavant.
La perte d’intérêt pour le privé non international : Pendant longtemps, l’enseignement privé local était très demandé. Aujourd’hui, il attire beaucoup moins et passe de 47 % à 21 % des choix.
Stabilité du secteur public. L’enseignement public garde sa place avec 24 % d’intentions de choix. En 2023, ce chiffre était de 26 %.
Montée discrète du privé international. Le secteur privé international connaît une progression relative. Il passe de 2 % à 10 %.

Ce passage important vers les réseaux conventionnés montre que les parents cherchent un compromis. Ils veulent un encadrement strict et un coût qu’ils jugent plus supportable par rapport au secteur privé commercial.

La Rédaction.

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