Plus de quatre décennies après le dernier recensement général de la population, la République Démocratique du Congo passe à l’essentiel. Lors d’un briefing de presse tenu le lundi 28 septembre 2026, le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, et son collègue de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, ont présenté l’état d’avancement du RGPH-2. Au cœur de cette opération estimée à 192 millions de dollars américains : le lancement de la cartographie censitaire, la modernisation technologique et une volonté d’inclusivité totale, y compris dans les zones sous occupation.
Attendu depuis 1984, le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) entre enfin dans sa phase active. Sous le thème « RGPH-2, 42 ans après : où en est-on avec la préparation du recensement et comment la population peut-elle y contribuer ? », le gouvernement a officialisé le déploiement sur le terrain de la cartographie censitaire.
Cette phase cruciale vise à répertorier les localités, actualiser les données géographiques existantes et délimiter les aires de dénombrement dans lesquelles agiront ultérieurement les agents recenseurs.
« Dans la première étape, dans le premier paquet de recrutement, nous en avons dans les 15 000 plus ou moins, donc les cartographes dans les 14 000 plus les autres techniciens qui vont travailler avec », a précisé le ministre d’État, ministre du Plan, Guylain Nyembo.
À partir des cartes et données préalablement compilées, ces équipes de terrain vont vérifier et ajuster les estimations sur le sol national. À ce jour, les chiffres provisoires font état d’environ 130 000 villages à travers le pays, un nombre appelé à être affiné à l’issue des enquêtes de terrain. À terme, ce sont 130 735 agents au total qui seront mobilisés pour l’ensemble des opérations.
Le coût global du RGPH-2 est évalué à environ 192 millions de dollars américains. Une enveloppe budgétaire importante mais nécessaire pour couvrir l’ensemble des besoins logistiques, matériels et humains.
« Aujourd’hui, les budgets arrêtés sont de 192 millions de dollars, qui est en réalité essentiellement la masse du personnel », a souligné le ministre du Plan.
Pour mener à bien cette opération d’envergure, la technologie jouera un rôle prépondérant. Chaque cartographe sera équipé d’une tablette numérique pour faciliter la collecte, la géolocalisation, la transmission sécurisée et le traitement rapide des données. Le gouvernement mise également sur le recrutement local de jeunes issus des milieux concernés, favorisant une meilleure connaissance du terrain et une appropriation communautaire du projet.
Guylain Nyembo s’est voulu rassurant quant à la rigueur de la démarche : l’opération demeure strictement « scientifique, apolitique et anonyme », garantissant la protection et la confidentialité des informations recueillies. De plus, les données collectées serviront ultérieurement à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour ses opérations d’enrôlement.
L’un des défis majeurs de ce recensement réside dans la situation sécuritaire de la partie orientale du pays. Sur ce point, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, ainsi que le ministre du Plan ont assuré que la population vivant dans les zones sous occupation ne serait pas exclue.
« Pour la partie orientale du pays, nous travaillons comme à la période de l’examen d’État », a expliqué Guylain Nyembo, garantissant des mécanismes d’adaptation pour couvrir l’ensemble du territoire national.
Débuté à Kinshasa, le calendrier de déploiement de la cartographie prévoit la poursuite des opérations dans l’ensemble des provinces d’ici la fin de l’année 2026, avec des prolongations possibles au début de l’année 2027. Ces travaux seront suivis par la formation des agents recenseurs, les opérations de dénombrement effectif des personnes et des ménages, le contrôle qualité, puis l’analyse et la publication des résultats finaux.
L’identification individuelle viendra dans une phase ultérieure. L’objectif immédiat reste de doter la RDC de statistiques démographiques et sociodémographiques fiables, indispensable boussole pour la planification du développement économique, social et environnemental du pays.
Les autorités appellent ainsi à une mobilisation générale : chefs coutumiers, responsables religieux, autorités provinciales et leaders d’opinion sont invités à sensibiliser les citoyens pour faire du RGPH-2 un succès national partagé.
La Rédaction.
