ZLECAF : Tout comprendre sur le PAPSS, le système panafricain de paiement qui révolutionne le commerce intra-africain

À la suite de l’adhésion officielle de la République Démocratique du Congo (RDC) au PAPSS le 18 septembre 2026 au Kenya, Julien Paluku, ministre du Commerce Extérieur, livre une analyse éclairante sur ce dispositif financier stratégique. Destiné à affranchir l’Afrique de sa dépendance au dollar et à l’euro, le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) constitue le nouveau moteur du marché unique africain.

Jusqu’à présent, le commerce entre deux pays africains relevait du parcours du combattant financier. Lorsqu’une entreprise basée à Kinshasa (RDC) souhaitait régler un fournisseur à Accra (Ghana), Nairobi (Kenya), Casablanca (Maroc) ou Johannesburg (Afrique du Sud), la transaction subissait un détour international long et coûteux.

La banque commerciale locale devait d’abord convertir la monnaie nationale en devises fortes ($ US ou €), avant de faire transiter les fonds par des banques correspondantes situées en Europe ou aux États-Unis. Ce circuit traditionnel présentait trois inconvénients important à savoir : Des délais longs (entre 3 et 5 jours ouvrés), des frais de change élevés liés aux multiples conversions et une forte vulnérabilité face à la disponibilité des devises étrangères dans les banques centrales africaines.

Développé par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) en partenariat avec l’Union Africaine et le Secrétariat de la ZLECAF, le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System) vient supprimer ce détour occidental.

En effectuant la conversion et le règlement directement de Banque Centrale à Banque Centrale sur le continent, le PAPSS réalise les transactions en moins de 120 secondes, tout en traitant exclusivement en monnaies locales.

Par ailleurs, Le ministre Julien Paluku a souligné trois leviers clés qui font du PAPSS une véritable révolution économique:

  1. Pour les entreprises et les commerçants, L’acheteur règle en monnaie locale (ex. Franc congolais, Cedi, Naira) et le vendeur reçoit la somme dans sa propre devise nationale. En contournant les intermédiaires occidentaux, le continent économisera environ 5 milliards de dollars par an en frais de transaction. Les règlements passent de plusieurs jours à un traitement en temps réel (moins de 2 minutes). Moins d’exposition à la volatilité des cours du dollar et aux pénuries de devises.
  2. Pour les Banques Centrales et la souveraineté monétaire: Évite d’épuiser les réserves en dollars et euros pour les échanges commerciaux intra-africains. Renforce la souveraineté économique du continent.Permet une meilleure lutte contre les flux financiers illicites grâce à la centralisation du réseau.
  3. Pour la dynamique de la ZLECAF: Offre aux petites et moyennes entreprises la capacité de commercer à l’échelle régionale sans subir le verrou de l’accès aux devises fortes, et Complète la baisse des tarifs douaniers en offrant l’infrastructure de paiement indispensable pour concrétiser le marché unique.

Évoqué lors du récent forum de Bruxelles et concrétisé par la signature de la Banque Centrale du Congo en septembre 2026, le déploiement du PAPSS marque un tournant historique pour l’intégration continentale. Comme le résume Julien Paluku à l’intention des observateurs et acteurs économiques : « L’Afrique avance et n’attendra pas 45 ans. »

La Rédaction.

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